Zimbabwe: une Américaine accusée de vouloir nuire à Mugabe

La jeune femme de 25 ans a été libérée contre versement d'une caution de 1.000 dollars et l'obligation de rendre son passeport

La justice zimbabwéenne a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire d'une journaliste américaine de 25 ans accusée de tentative de subversion pour avoir décrit sur Twitter le président Robert Mugabe comme "égoïste et malade". Arrêtée la semaine dernière, Martha O'Donovan a été libérée contre versement d'une caution de 1.000 dollars et l'obligation de rendre son passeport et de pointer deux fois par semaine à la police, a déclaré son avocat, Obey Shava.
 
La jeune femme, qui travaille pour la télévision privée Magamba TV, avait été interpellée le 3 novembre à l'aube à son domicile de Harare puis placée en garde à vue. Le parquet lui reproche d'avoir publié sur les réseaux sociaux "nous sommes dirigés par un homme égoïste et malade", agrémenté d'une photo de M. Mugabe sous perfusion. Elle a été inculpée de tentative de subversion et d'insulte. Son avocat a expliqué jeudi la décision de remise en liberté du juge par la faiblesse du dossier retenu contre elle.
 
L'Association des avocats du Zimbabwe pour les droits de l'Homme (ZLHR) avait auparavant affirmé que l'Américaine avait été arrêtée pour un tweet comparant le chef de l'Etat à un "lutin dont la femme et le fils ont acheté une Rolls-Royce". Selon la presse indépendante locale, l'épouse du chef de l'Etat, Grace Mugabe, et un de ses fils Russell Goreraza, ont récemment acheté chacun une Rolls-Royce Ghost d'une valeur estimée à 220.000 dollars (190.000 euros) l'unité. Plusieurs personnes ont été arrêtées ces dernières années pour avoir posté des commentaires jugés insultants contre M. Mugabe mais aucune n'a été jusque-là condamnée.