Cameroun : la chirurgie contre l'épilepsie

Les neurochirurgiens expérimentent la chirurgie d'épilepsie à l'hôpital central de Yaoundé.

 

Chose rare au Cameroun, au bloc opératoire de l'hôpital central de Yaoundé, s'est déroulée une intervention de chirurgie d'épilepsie avec l'opération de Philomène Akamba, ce 13 février. A 16 ans, elle est le 3e cas d'intervention chirurgicale d'épilepsie dans le pays, depuis juillet 2013. Le processus reste identique aux deux premiers cas. Une opération bien codifiée, qui dure en moyenne 4 heures.

CAMER 9606eUn bloc opératoire à l'Hôpital central de Yaoundé

Spécifique, cette intervention exige une chirurgie en équipe, une expertise plurielle. C'est un « travail qui nécessite une grande minutie mais surtout l'adhésion de toute une équipe », explique le Dr. Vincent Tchientche, neurochirurgien. Seulement, la chirurgie de l'épilepsie a un point critique : la sélection des patients. « Cette opération est d'autant plus difficile, qu'il faut étudier les cas des patients. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre les patients sans être certais à 99% de la réussite. C'est d'autant plus difficile que nous devons détecter le foyer d'épilepsie et l'enlever ».

Selon les experts, 80% des opérations de chirurgie épileptique sont suivies de guérison.

Une maladie jugée humiliante
Diane et Patricia, les deux premiers cas de chirurgie de l'épilepsie au Cameroun en sont l'illustration. « Ça fait 7 mois que je ne fais plus de crises. Avant l'opération, je faisais en moyenne 3 crises par semaine», se réjouit Diane, élève au collège Jean Tabi à Yaoundé. Patricia, quant à elle, est d'autant plus ravie qu'elle envisage désormais son avenir avec plus de sérénité. « Cette maladie est très humiliante. Quand nous faisons des crises, nous sommes considérées comme des parias ». Si cette maladie est si invalidante, c'est parce que la société, la considère comme une maladie mystique. Aujourd'hui, les patients camerounais peuvent se réjouir car ils savent désormais qu'elle est curable.

Le coût de l'opération reste le seul bémol. En moyenne 700.000 FCFA (NDLR : 1067.14 euros) soit l'équivalent de deux ans de traitement. Une somme qui est dessus du camerounais moyen.

Au Cameroun, la chirurgie de l'épilepsie fait des progrès. La sélection des patients est de plus en plus précise. La pratique devrait devenir courante dans les prochaines années.