Le Burundi déclare l’épidémie de malaria

Le paludisme a tué 700 personnes du 1 janvier au 10 mars 2017, dans un pays qui compte un million de cas déclarés. Le Burundi déclare l'épidémie de malaria.

700 personnes sont mortes de paludisme du 01 au 10 mars, au Burundi. Le pays compte plus d'un million de cas confirmés, soit une augmentation de 13 % comparé à la même période de l'année dernière.
 
Se référant sur les données de l'Organisation mondiale de santé, OMS, rendues publiques fin février, ayant annoncé que plus de 3700 cas de décès dûs au paludisme ont été enregistrés, la ministre burundaise de la Santé tient a informé la communauté tant nationale qu'internationale, que l'épidémie de malaria est déclarée.
 
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Lors d'une conférence de presse lundi après-midi, la ministre Josiane Nijimbere a indiqué que la dernière mise à jour du système national de surveillance épidémiologique, en collaboration avec les partenaires de ce ministère, ont enregistré un total cumulé de plus de huit millions de patients souffrant de la maladie.
 
Elle a précisé qu'il y a augmentation des cas de décès depuis 2013. Les provinces les plus touchées sont celles du nord et du nord–est : Kirundo , Muyinga , Karusi, Cankuzo. Toujours selon la ministre Nijimbere, dans une moindre mesure, il y a aussi Ngozi, Kayanza, Gitega, Rutana et Ruyigi. Neuf des provinces les plus touchées sur les 18 que compte le pays.
 
Causes
 
Les changements climatiques, l'utilisation non optimale des moustiquaires imprégnées d'insecticide, l'augmentation importante du taux de malnutrition sont quelques uns des facteurs a l'origine de la recrudescence des cas de paludisme, comme l'a déclaré le rapport des experts de l'Organisation mondiale de la santé.
 
Face à cette situation, le ministère dit avoir déjà passé des commandes d'urgence en médicaments et d'avoir déployé le personnel pour renforcer la sensibilisation de la population.
 
Partenaires
 
Pendant la conférence de presse, la patronne du ministère burundais de la Santé a lancé un appel vibrant à tous les partenaires, en cette période d'épidémie qui constitue une grande urgence de santé publique.
 
Un délégué de l'OMS a salué un « grand courage » de la ministre en déclarant l'épidémie. Il a promis le soutien indéfectible au gouvernement burundais. Il faudrait contrôler au mieux cette maladie a-t-il laissé entendre. Les seuils ont été dépassés.
 
Pour rappel, en 2014 le rapport de l'OMS indiquait que plus de 4 millions 700 cas de paludisme avaient été enregistrés ; en 2015 le nombre de malades étaient de plus de 5 millions, pour dépasser 7 millions en 2016.
De nombreuses voix se sont élevées pour demander au gouvernement burundais de déclarer l'épidémie de malaria, mais la ministre Nijimbere, devant les parlementaires burundais, à la mi-février avait déclaré que le ministère attendait que les chiffres de cas de paludisme augmentent pour déclarer l'épidémie. C'est chose faite.