Des exactions de l’ex-Seleka font 34 morts dans la localité des Mbrés

Malgré les accords de Brazzaville et la nomination d'un nouveau premier ministre, les exactions se poursuivent en RCA. Les violences à Mbrés ont fait 34 morts.

Les incursions des éléments d'ex-Seleka composés essentiellement de Peulhs Mbororos dans la commune des Mbrés à 90 kms de Kaga-Bandoro au nord de la Centrafrique, ont fait 34 morts parmi les civils dans l'intervalle de dimanche à vendredi derniers, selon des témoins. « Ils tuent en tirant à bout portant sur leurs victimes, en les égorgeant ou encore en les pendant au bout d'une corde, » témoigne Bienvenu Sarapata, maire de la commune des Mbrés pour expliquer le degré de cruauté des agresseurs.

ex-seleka rca 26651Des combattants Seleka - archives


Le maire a fui avec toute sa famille pour se réfugier dans la ville voisine de Kaga-Bandoro. Des centaines d'autres villageois ont aussi fui leurs maisons pour se mettre à l'abri à Kaga-Bandoro. « Aujourd'hui à Kaga-Bandoro centre, nous sommes 421 personnes. Ceux qui n'ont pas pu nous suivre sont restés terrés en brousse ou dans leurs champs », explique sous couvert d'anonymat un délégué des déplacés de Mbrés. Il ajoute que les déplacés continuent d'affluer.

Les massacres ont été perpétrés de village en village. « Au village Gbozou au pk22 axe Bamingui, 18 personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi. Au village Lakouetene, 5 personnes ont été égorgées. Au village Maorka au pk10 axe Kaga-Bandoro, 3 jeunes y sont pendus mercredi après midi. D'autres villageois ont été assassinés au centre des Mbrés », a précisé le maire Bienvenu Sarapata.

Dans les villages affectés où les villageois ont clairement identifié les assaillants comme des combattants Seleka, les témoignages sont accablants. Ils expliquent que les agresseurs promettent de nettoyer 10 villages dans la région avant le 15 septembre, date de l'arrivée des Casques bleus, mission onusienne pour le maintien de la paix en Centrafrique.

Contrôle total

Interrogés sur les motivations de ces massacres, le comzone des Seleka de Kaga-Bandoro le colonel Mahamat Samson Hamid, s'est dit indigné de ce qui arrive à ces villageois. « Nous sommes attristés en apprenant ces nouvelles. Je voudrais bien me rendre là-bas pour intervenir, mais malheureusement, je n'ai aucun moyen de déplacement. Nous continuons les réflexions sur ce qu'il y'a lieu de faire », explique l'officier Seleka.

Sur place à Kaga-Bandoro, le maire des Mbrés multiplie les contacts auprès des organisations humanitaires ainsi que le contingent marocain de la Misca pour décrocher leur intervention dans sa commune.

« Nous demandons aux autorités de Bangui de nous aider en envoyant les forces françaises Sangaris et africaines de la Misca pour nous protéger », a lancé le maire depuis son lieu de refuge à Kaga-Bandoro.

Selon les villageois réfugiés à Kaga-Bandoro, les assaillants qui ont désormais le contrôle total de la région, ont érigé depuis samedi des postes avancés sur trois entrées correspondant aux trois axes principaux qui desservent la ville. Personne ne peut plus entrer ni sortir.

Ces violences se produisent trois semaines seulement après l'accord de cessation des hostilités signé fin juillet à Brazzaville entre protagonistes de la crise dont les ex-rebelles Seleka.

Un nouveau premier ministre nommé par la présidente Catherine Samba Panza a pris ses fonctions jeudi, mais le pays attend toujours la formation d'un gouvernement de Transition renouvelé et élargi, censé inclure des représentants des groupes armés, dont des membres de l'ex-Séléka.