Niger: grèves dans l’éducation

Quelques jours seulement après la rentrée scolaire, l’enseignement public renoue avec les grèves.

Après l'Union des scolaires nigériens (USN) qui a observé la semaine dernière une grève de 3 jours, c'est au tour de la section lycée et collège de la communauté urbaine de Niamey d'observer une grève de 72
heures depuis le 10 novembre.

UENUN Fotor 35c9b

Il s'agit pour les élèves des lycées et collèges de la région de Niamey d'exiger du gouvernement la satisfaction de leurs revendications qui se résument en dotation en nombre suffisant de salles de classes et de tables-bancs. Ils constatent en effet que, plus d'un mois après la reprise des cours, certains élèves, notamment des classes de 6è n'ont toujours pas de salles de classes pour suivre les cours.

Cette année, près de 15 000 élèves sont admis au collège, suite à la suppression des examens du certificat d'étude du premier cycle (CFEPD), un parchemin qui donne accès aux élèves des écoles primaires aux collèges d'enseignement général.

Mais pour le gouvernement, des efforts énormes sont déployés pour assurer une bonne reprise des cours. « Le ministère des Enseignements secondaires a organisé la rencontre des structures centrales et
déconcertées au cours de laquelle des recommandations ont été faites pour une bonne rentrée scolaire », explique la ministre Béty Aïchatou Oumani. Le gouvernement s'est aussi fixé comme objectif « un élève, un livre des disciplines fondamentales ».

Sur le plan des infrastructures, 5151 classes ont été construites, d'après les chiffres du ministère de l'Enseignement primaire, au niveau du secondaire, 807 classes ont été construites, et 324 autres ont été
réhabilitées tandis que 49 classes ont été construites au titre du ministère de l'Enseignement professionnel. L'UENUN menace de durcir le ton.

Le comité exécutif de l'Union des étudiants nigériens à l'université de Niamey (UENUN) entre aussi dans la danse après une visite effectuée sur les différents chantiers de construction de bâtiments devant servir de
dortoirs aux étudiants. Dans une déclaration rendue publique lundi 10 novembre, l'UENUN « dénonce la lenteur dans la conduite des travaux et exige l'octroi de l'aide social aux étudiants non boursiers », déclare
le secrétaire général de l'UENUN Abou Koini Abdoulkader.


Ainsi, « si aucune solution concrète n'est trouvée à ces revendications, le comité exécutif de l'UENUN annonce sa volonté de radicaliser la lutte dans les prochains jours, » a-t-il ajouté. Mais « exprime sa disponibilité au dialogue » en demandant « aux partenaires de faire preuve d'une vigilance extrême face aux manœuvres de quelques individus logés dans les institutions de l'Etat et structure associatives », a dit
Abdoulkader.


Pour rappel, le 20 mai dernier, les étudiants de l'Université de Niamey ont violemment manifesté sur certaines artères de la capitale du Niger. Cette manifestation a dégénéré en actes de vandalisme, occasionnant plusieurs blessés , ainsi que d'importants dégâts matériels. A cette occasion, plusieurs étudiants avaient été arrêtés et gardés en prison pendant quelques jours.