Plusieurs villes du sud de la Tunisie sous tension

En dépit du couvre-feu décrété vendredi soir, le gouvernorat de Kebili continue de vivre des affrontements violents. Un poste de police a été incendié.

Quatre jours après des affrontements continus entre manifestants et forces de l'ordre, c'est un poste de la Garde nationale sur le point d'être restauré qui vient d'être incendié. Ce poste qui avait déjà été incendié après la défaite de l'ancien président Moncef Marzouki à la dernière élection présidentielle.
 
Tunisie Douz Fotor 4d662
 
Face à la montée de la violence, les éléments de la police n'ont trouvé d'autres alternatives que de se retirer des différentes villes. Une décision jugée qualifiée d'«erreure totale» par les syndicats. Les syndicats de la garde nationale et la Direction générale des unités d'intervention ont estimé que la décision de se retirer en cette conjoncture « laisse augurer de nombreuses menaces au vu des développements de la situation à l'échelle régionale ». Les deux syndicats ont pointé du doigt « un encadrement défaillant et un manque de coordination entre les différents corps des forces de sécurité ».

Les affrontements entre police et manifestants ont commencé le mardi 2 juin, lorsqu'un groupe de jeunes chômeurs, réclamant des emplois et le développement de la région, ont été empêchés d'organiser un sit-in près d'un champ de production de gaz à Bir Haj Brahim dans le sud de la ville de Douz (sud tunisien).

Les vagues de violences se sont poursuivies mercredi et jeudi. Les protestataires ont continué à bloquer des routes en brûlant des pneus et ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué en jetant du gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

La situation s'est dégradée vendredi soir lorsque les sièges de la Garde nationale et du District de la sûreté nationale à Douz ont été incendiés par des manifestants. Un couvre-feu a été décrété vendredi soir dans la ville de 20h00 à 06h00, il continue jusqu'à nouvel ordre.