Gabon: possible hausse des frais universitaires des étudiants

Une information qui si elle était confirmée soulèvera une vive inquiétude au sein de la population estudiantine

Une possible multiplication par cinq des frais d'inscriptions universitaires a suscité une vive inquiétude des étudiants gabonais qui ont protesté et saisi la Cour constitutionnelle. D'après une information AFP, les frais d'inscription dans l'enseignement supérieur public doivent passer de 9.000 FCFA annuel à 50.000 FCFA (de 13,5 à 76 euros), selon un arrêté du ministère de l'Enseignement daté du mois de juin. En réponse, des responsables étudiants ont empêché la tenue des inscriptions depuis lundi à l'Université Omar Bongo de Libreville.
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Un recours déposé fin août 2017 auprès de la Cour constitutionnelle par les mutuelles étudiantes a suspendu l'application de l'arrêté ministériel, jusqu'à la décision finale de la Cour. Les grévistes craignent que la Cour se déclare incompétente de statuer et attendent que le gouvernement lui-même annule la hausse des frais. Dans une déclaration Edvine Ballack Obame, membre du mouvement Etudiant Conscient a confié que cela fait « nous avions fait six mois de grève en 2011 pour l'ajout de 1.000 FCFA (1,5 euros) aux frais universitaires, alors nous n'allons pas accepter la hausse de 9.000 FCFA à 50.000 FCFA pour les nouveaux bacheliers, et à 75.000 FCFA (114 euros) pour les masters »
 
Le Gabon, qui traverse une forte crise, a obtenu en juin 2017 un prêt du Fonds monétaire international, qui l'a incité en retour à « maîtriser les dépenses courantes tout en protégeant les programmes sociaux ». « Si l'arrêté passe, je vais devoir retourner au village et travailler dans les champs », se désole Alvine, 25 ans, nouveau bachelier souhaitant étudier les sciences du langage, originaire de la province du Haut-Ogooué dans le sud-est du pays.
 
L'université publique Omar Bongo (UOB) à Libreville attire des étudiants de tout le pays, qui se plaignent souvent des conditions d'apprentissage (retard de paiement des bourses, classes surchargées, programmes inachevés, grèves récurrentes, restaurant universitaire fermé). Alors que 30% des Gabonais vivent en dessous du revenu minimum mensuel à 80.000 FCFA (122 euros) selon une étude McKinsey de 2013, le pays connaît un taux d'alphabétisation d'environ 90%.

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