Togo : un enfant tué lors des heurts violents à Mango

Les heurts ont éclaté entre partisans de l'opposition du parti national panafricain et de l'Union pour la république au pouvoir. Bilan, un enfant tué, 10 manifestants blessés

Un bilan officiel du gouvernement donné par le ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame fait état d'un enfant tué, de 10 personnes blessées dont 4 par fusils de chasse et 6 par armes de guerre. Le ministre parle d'actes inimaginables qui se sont déroulés dans la ville de Mango. Il précise que, des militants du PNP, Parti national panafricain, ont attaqué les domiciles des forces de l'ordre et de sécurité. Sept maisons sont saccagées et pillées tandis que, poursuit-il, 3 maisons incendiées ainsi que 3 véhicules et 10 motos. Des manifestants ont brûlés le bureau de UNIR, Union pour la république, parti au pouvoir.
 
Heurts Lomé 051d5
 
"La ville de Mango où les manifestations n'ont pas été prévues, a été le théâtre de violences provoquées par les partisans du parti national panafricain habillés en rouge. Cette volonté d'affrontement, s'est traduite dès le matin par des agressions contre les cadres du parti UNIR qui se réunissaient au niveau de l'école catholique de Mango. Devant ce comportement violent, ils ont quitté les lieux avec plusieurs blessés pendant que les membres du PNP mettaient le feu à des voitures et des maisons appartenant aux militants du parti UNIR", a déclaré le ministre de la Sécurité. Toujours selon le ministre, l'enfant a été tué par des tirs d'armes à feu venant des rangs des manifestants du PNP.Les tireurs sont activement recherchés. «Tout sera mis en œuvre pour que leur acte ne reste pas impuni", avertit dans un communiqué officiel, le ministre.
 
Contre-attaque
Au niveau du parti Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), l'accusation est balayée d'un revers de main. Ce jeudi, 21 septembre 2017 deuxième jour de manifestation, François Kampatib, Conseiller au bureau d'ADDI, a apporté un démenti aux propos du ministre Yark, en faisant savoir aux milliers de militants de l'opposition à la manifestation que, le PNP n'a pas une base à Mango, et donc n'a pas de militants dans cette ville.Selon lui, « une localité où un parti n'a pas de militants, il est inconcevable qu'on affirme que ce parti a des militants dans cette ville et, pire, les accuser d'avoir des armes et de tirer au milieu des manifestants. » Il a affirmé que, les autorités togolaises cherchent des alibis contre le PNP.

Fleuve Oti
Après les violences de Mango, des informations venant de la localité accusent des militaires d'être nuitamment entrés dans les maisons pour s'en prendre à ses occupants. Un habitant de la localité joint par nos confrères d'Africardv témoignait mercredi soir : "A l'heure où je vous parle, nous tous sommes hors de la ville de Mango. Des femmes sont de l'autre côté du fleuve Oti." De nombreux jeunes manifestants ont traversé la frontière pour trouver refuge au Ghana voisin, en attendant que la situation revienne au calme.

Le Togo est plongé dans une crise politique après les violences exercées par les militaires sur les militants et sympathisants du PNP à Agoé, une banlieue populaire. Une répression qui a déclenché la colère des opposants qui mobilisent la rue pour exiger des réformes et le départ de Faure Gnassingbé.