Mort d'un Algérien en France : ce que l'on sait

Le ressortissant, sur le point d'être expulsé de France, est décédé lors de son transfert vers Roissy depuis le Centre de rétention administrative de Vincennes.

Le ressortissant algérien qui devait prendre l'avion à l'aéroport parisien de Roissy pour être expulsé de France est mort jeudi 21 août à cause d'une "asphyxie", et non d'une crise cardiaque comme indiqué initialement. Le point sur ce que l'on sait.

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Qui est-il ?

Le 16 août, cet Algérien de 51 ans, plusieurs fois condamné en France pour des faits de vols et escroqueries ainsi que des violences, s'était très violemment opposé à une première tentative d'expulsion et avait dû être reconduit au Centre de rétention administrative de Vincennes dans le Val-de-Marne.

L'homme faisait l'objet d'un arrêté ministériel d'expulsion en date du 12 août.

Selon son avocat Sohil Boudjellal, le contexte était "extrêmement tendu" ce jeudi. "Il ne voulait pas se faire expulser, car toutes les voies de recours n'avaient pas été épuisées", explique-t-il.

Comment est-il mort ?

Parti ce jeudi à bord d'un fourgon peu avant 19 heures du centre de rétention, sous escorte policière, la victime a "fait un malaise dans le fourgon en arrivant à l'aéroport de Roissy" où il devait embarquer dans un vol en direction de l'Algérie, selon la police.

"Il a été pris par la force. Il a probablement dû se débattre", estimé son avocat.

"Selon les premiers résultats de l'autopsie, la mort été provoquée par une asphyxie due à une régurgitation gastrique", précise un porte-parole du parquet de Bobigny.

Quelles sont les enquêtes en cours ?

Vendredi, le parquet de Bobigny a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire". Estimant qu'il s'agit d'un décès "a priori accidentel", il a chargé un juge d'instruction de mener l'ensemble des investigations.

En parallèle, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été saisie d'une enquête jeudi soir.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a souhaité "que l'enquête judiciaire permette de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès dramatique".

Qu'en pensent les sans-papiers de Vincennes ?

Des sans-papiers, placés avec lui au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, ont déclaré samedi soir avoir entamé une grève de la faim pour que les responsabilités dans sa mort soient établies.

Vendredi, des retenus ont commencé une grève de la faim pour "que les acteurs de cette violence soient punis", a dit l'un d'eux, Ivan Dragic, un Serbe joint par l'AFP.

"On sait qu'on est ici parce qu'on est en situation irrégulière, mais il y a des limites à ce que la police peut faire", a-t-il ajouté, en réclamant également de meilleures conditions d'hygiène dans le centre et que la durée de la rétention soit limitée à 20 jours, contre 45 actuellement.

Radoine Fakir, un Tunisien qui dit avoir partagé une chambre avec la victime, a déclaré qu'elle semblait "en parfaite santé" au moment de son départ. "On est tous choqués", a-t-il ajouté.

Quelle est la réaction d'Alger ?

Samedi, le ministre algérien des Affaires étrangères a demandé à son ambassade à Paris de recueillir les informations "officielles et précises" sur les circonstances du décès. a annoncé son porte-parole, Abdelaziz Benali Cherif.

"Le ministre des Affaires étrangères, qui suit de très près cette affaire, a immédiatement instruit l'ambassade d'Algérie à Paris, ainsi que les consulats de la région parisienne, à l'effet de recueillir les informations officielles et précises sur les circonstances de ce décès et sur l'identité exacte de ce citoyen", annonce le porte-parole du ministère, Abdelaziz Benali Cherif, à l'agence APS.