Mali : Tiken Jah Fakoly incriminé pour contrat non exécuté

Le Festival international de musique de Bamako réclame à l'artiste ivoirien 10 millions de francs CFA pour non-exécution de clauses contractuelles.

Il y a quelques l'artiste ivoirien a reçu une demande de dédommagement de la part du Festival international de musique de Bamako (Fimba) lui réclamant une somme de 10 millions FCFA. Les responsables du festival l'accusent de n'avoir pas donné un concert pour lequel il s'était engagé. Tiken Jah Fakoly affirme avoir été sommé par un huissier de justice de s'exécuter au plus tard le 18 septembre 2017, faute de quoi ses biens seront saisis. «Je ne paierai rien car il y a injustice. Ils veulent, comme on le dit dans le jargon ivoirien, tomber sur moi pour prendre mon argent, mais je ne l'accepterai pas. Je respecte la loi quand elle est juste », affirme l'artiste qui met en avant ses origines maliennes.
 
Tiken Jah d201f
 
Sur le site d'informations « Mali Jolies Dow », Adama Koïté, l'un des responsables du Fimba, affirme n'avoir jamais porté plainte contre Tiken Jah Fakoly. «J'occupais le poste de secrétaire général du Fimba. A l'époque, je me suis battu pour qu'on règle ce dossier à l'amiable parce que Tiken Jah est aujourd'hui plus qu'un Malien. Il a beaucoup aimé ce pays. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de rebondissements, mais je précise que je n'ai jamais porté plainte contre lui. Pour moi, c'est un frère et un ami. Et il le restera toujours. C'est pour vous dire que je n'ai rien contre sa personne », a précisé M. Koïté.
 
Comment en est-on arrivé là ?
Dans une vidéo de 12 minutes diffusée sur Youtube, le rasta man prend les Maliens à témoin dans cette affaire qui remonte à 2004, quand Tiken Jah Fakoly avait été contacté par les promoteurs du Fimba. L'artiste avait donné son accord de participation, une manière d'apporter sa contribution à la réussite de ce festival qui était à sa première édition. Il exprimera toutefois une exigence, celle que soit mise à sa disposition une sono de qualité. Selon l'artiste, les organisateurs lui avaient fait la promesse de s'y plier.
 
Malheureusement, cela n'a pas été fait et l'artiste ne s'est rendu compte de cet état de fait que le jour du concert. Il a alors notifié aux organisateurs qu'il ne se produira pas sans la sono que les responsables du Fimba, en l'occurrence Adama Koïté, un célèbre animateur à la télévision nationale, et Mariam Sèye, animatrice elle aussi sur la même chaîne de télévision, avaient promis d'aller chercher à Abidjan ou à Dakar. Mais après une mûre réflexion, selon ses propres propos, le reggae man est revenu sur sa décision, et les responsables du festival avaient la charge de venir le chercher, lui et ses musiciens, à la résidence Komé. Puisque les organisateurs n'auraient pas respecté cette clause contractuelle, Tiken Jah Fakoly, en tenue de scène, s'est déporté, par ses propres moyens, au stade Modibo Keïta. A sa grande surprise, l'accès du stade lui sera interdit sur instruction des responsables du Fimba. Quelques jours plus tard, l'auteur de «Ouvrez les frontières », une de ses chansons fétiches, sera interpellé par la police.
 
Le reggae man proteste et crie à l'injustice.
L'affaire fait grand bruit et arrive finalement aux oreilles du président de la République d'alors, Amadou Toumani Touré. Ce dernier règle l'affaire à l'amiable, mais cela n'aurait pas été du goût des plaignants. Douze ans plus tard un nouveau gouvernement est en place, Me Baber Gano, avocat du Fimba, aujourd'hui ministre des Transports est soupçonné d'avoir remis l'affaire sur la table. Mais, Tiken Jah qui réside au Mali depuis 15 ans n'entend pas se laisser faire.