Brazzaville et Kinshasa s’accordent sur l’immigration

De nouvelles conditions sont envisagées sur la circulation et l’établissement des personnes et des biens entre les deux Congo.

Les citoyens du Congo et de la République Démocratique du Congo tentés par l'idée d'aller vivre dans l'un ou l'autre pays vont connaître quelque répit dans les expulsions d'étrangers auxquelles les deux gouvernements se livrent depuis le mois d'avril.

beach de557Le Beach de Brazzaville - afriqueactualite.com

C'est le résultat de la réunion de la commission mixte entre le Congo et la RDC qui s'est tenue du 2 au 3 juin à Kinshasa, suite à l'opération « Mbata ya Bakolo » lancée par Brazzaville, le 4 avril dernier, occasionnant des expulsions massives de Congolais de la RDC vivant à Brazzaville.

A l'issue de la rencontre entre les deux délégations, conduite chacune par Raymond Mboulou et Richard Muyej, respectivement ministres de l'Intérieur du Congo et de la RDC, un projet devrait définir de nouvelles modalités de circulation dans les deux Etats. Celui-ci sera soumis à la ratification de leurs parlements respectifs, d'après le communiqué final.

Selon le même document, désormais les ressortissants des deux Congo sont appelés à se munir d'un laissez-passer ou de la carte nationale d'identité aux seules populations vivant à proximité de la frontière commune, pour une durée n'excédant pas trois jours.

Par contre, un visa et le passeport devraient être nécessaires pour de longs séjours. Les citoyens de la République du Congo et de la RDC désireux de s'installer dans l'un ou l'autre État devront disposer d'un passeport et d'un contrat de travail ou donner la preuve de « raisons fondées. »

Outre ces dispositions, les deux parties ont préconisé que les représentations diplomatiques et consulaires concernées devraient désormais être informées avant toute opération d'expulsions massives. A la date du 4 juin, les expulsions se chiffrent à 136.000 personnes dont 57.000 enfants.

Quid sur l'opération « Mbata ya Bakolo »

Lancée le 4 avril, cette opération, selon le ministre Raymond Mboulou, était justifiée par le souci de diminuer la hausse de la criminalité de la part des étrangers, et notamment celle des "Kuluna". Il s'agit de délinquants armés de machettes qui ont parfois fui la police de Kinshasa en traversant le fleuve Congo.

«Voici quelque temps qu'une forme de criminalité s'est développée faisant souffler un vent de panique dans nos grandes agglomérations, » a déclaré le ministre congolais de l'Intérieur au sortir de la réunion.

« Des crimes crapuleux, des braquages sanglants, même en plein jour, des vols, des viols collectifs. Des zones entières dans nos villes et nos quartiers sont interdits d'accès aux Congolais parce que s'y sont installés des citoyens étrangers. Ce sont des situations qu'aucun État ne saurait tolérer, » a-t-il ajouté.

Les violons semblent s'accorder. Les migrants des deux pays auront cependant le temps d'expérimenter les nouvelles mesures sur le terrain où les nouvelles décisions sont prises pour éviter désormais des différends et des déclarations voire incendiaires.