Ebola: toujours pas de rentrée scolaire en Guinée

Plus d’un mois après l’annonce du report de la rentrée scolaire, les écoles restent fermées avec un quatrième mois de vacances qui se prolongent.

Le report sine die de la rentrée des classes au primaire et au secondaire, ainsi que dans les institutions de l'enseignement supérieur et professionnel est dû à l'épidémie de fièvre Ebola, selon un communiqué conjoint signé des trois ministres en charge du secteur éducatif dans le pays. 

ecole ebola gn 6831fSensibilisation en milieu scolaire - archive

Les ministres concernés ont promis de tout mettre en œuvre pour créer les conditions nécessaires à la protection des élèves contre Ebola et à une rentrée des classes sécurisée.

Près d'un mois après cette annonce, le ministre guinéen de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation, Ibrahima Kourouma, a indiqué que près de 250 personnes sont victimes de la fièvre hémorragique Ebola dans les milieux scolaires.

Le ministre s'est exprimé ainsi après son retour d'une tournée de sensibilisation dans la préfecture de Kérouané, située au sud-est du pays.

Mesures 

Pour lutter contre le virus en milieu scolaire, les autorités de l'éducation envisagent de consacrer "15 minutes tous les jours à l'enseignement sur l'épidémie d'Ebola dans les écoles, et ce, durant six mois", a fait savoir le ministre.

Tenant compte de la nécessité de l'enseignement qui doit passer par les enseignants, le gouvernement a lancé depuis vendredi, la formation desz formateurs, afin "de les outiller en connaissances sur l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola. Surtout comment éviter la contamination de ce virus".

Ces formateurs, au nombre de 1.000, auront à leur tour à répercuter leurs connaissances à 70 mille enseignants, a précisé le ministre.

Simultanément, d'autres mesures de prévention seront adoptées, dont la mise en place de "fiches d'identification des élèves et étudiants", ainsi que l'installation de kits sanitaires devant les établissements.

Le secrétaire général du ministère de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation a assuré que, de la réflexion à la conception, il est temps de passer à l'action. Le Dr Soriba Sylla indique qu'il est impératif d'installer dans les établissements scolaires, universitaires et des formations techniques, des dispositifs de prévention contre la fièvre Ebola. En cela, ajoute-t-il, ''nous avons commencé la première étape de plan de formation, qui s'adressera environ à 3 millions d'enfants, d'étudiants et d'enseignants."

Inquiétudes

Pendant que les autorités mettent les bouchées doubles pour sécuriser enseignants et élèves, au fil du temps, l'inquiétude grandit chez les parents d'élèves, directeurs d'école, étudiants et professeurs. Ce, après plus de 4 mois de vacances prolongées.

ecole ebola gn 2 383acDes professeurs d'université

C'est le cas de Mamadou Keïta, Directeur de l'école : ''d'habitude si la rentrée scolaire se faisait en Octobre, au mois de juin, ce sont les examens qui se passent. Maintenant nous ignorons à quand l'ouverture des classes," déplore Mamadou Keïta, directeur d'école. Il reconnaît, cependant, que cette maladie est une ''calamité naturelle qui est venue au moment où on ne l'attendait pas.''

Seïdy Bah, étudiante, est plus direct. ''Le report de la rentrée scolaire est une mauvaise chose pour notre formation. Car il s'agit du non-respect des programmes d'études''.

Marché de fournitures scolaires en baisse

Maintenant que la fixation de la date de rentrée des classes en Guinée se fait attendre, dans les marchés de Conakry, les vendeurs de fournitures scolaires ne remarquent ''aucun engouement''.

Mamata Camara, étalagiste au grand marché Madina (Conakry) se plaint de la rareté des clients. ''Il n'y a pas tellement d'achat. On ne voit même pas de clients. On peut rester du matin jusqu'au soir sans avoir 4 clients. Les parents d'élèves ont peur de faire les achats des fournitures scolaires à cause de la maladie Ebola'', explique-t-elle.

Moustapha Baldé, parent d'élève est réticent. Il n'est pas prêt pour la rentrée des classes. ''Je n'ai pas encore payé les fournitures de mes enfants, vu la cherté de la vie et avec cette situation de la maladie Ebola. Je ne peux pas laisser mes enfants aller à l'école tant que le gouvernement ne prend pas ses dispositions'', explique-t-il.

Mais, Rabiatou Sow et Amadou Barry, élèves, s'impatientent pour reprendre le chemin de l'école. ''Nous voulons que le gouvernement fixe une date pour l'ouverture des classes car, nous avons beaucoup envie de revoir nos amis et nous voulons étudier. Malgré qu'il y a Ebola chez nous.''

Sur cet appel, le Dr Soriba Sylla, secrétaire général du ministère l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation, rassure que les ministères en charge de l'Education et leurs partenaires sont prêts à passer par ''tous le moyens pour qu'élèves, étudiants et enseignants reprennent le plus vite possible la route de l'école en toute sécurité.''

Samedi, le porte-parole du gouvernement, Damantag Albert Camara, a indiqué qu'une commission est en train de travailler sur une ouverture des classes sécurisées. ''Elle aura lieu plus tard début novembre", a-t-il promis.