Plus de 1400 migrants d’origine africaine arrêtés à Alger

Plus de 1400 migrants subsahariens ont été arrêtés pour être reconduits à la frontière. Une vraie chasse à l’homme noir, selon les défenseurs des droits de l’Homme.

Depuis vendredi 2 décembre, et alors qu'Alger accueillait le Forum africain de l'investissement, plus de 1 400 migrants subsahariens ont été arrêtés dans la capitale algérienne. Ils ont été conduits à l'extrême sud du pays. Depuis, les arrestations continuent, ce chiffre a été largement dépassé.

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Il y avait des femmes enceintes, des enfants et des hommes originaires d'Afrique de l'ouest. Et d'après le peu d'informations qui circulent, une opération d'expulsion serait imminente. Dans un noir obscur, des centaines de migrants subsahariens ont été contraints de monter dans des bus en direction de Tamanrasset, une ville du sud de l'Algérie, située en plein désert. Des méthodes primitives ont été utilisées contre des Maliens, des Guinéens, des Camerounais, et des Ivoiriens, qui ont été arrêtés de façon arbitraire, et embarqués dans des conditions inhumaines.

Ils sont jusqu'à aujourd'hui enfermés et entassés dans des bungalows. Plusieurs d'entre eux ont été violentés par les forces de l'ordre. Les membres du Croissant rouge leur demanderaient même de payer leur nourriture, même si certains d'entre eux ont une carte de réfugiés du HCR (Haut-commissariat aux réfugiés des Nations Unies) les autorisant à séjourner en Algérie.

Des migrants porteurs de beaucoup maladies ?

Farouk Ksentini, avocat et président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH), estime que les Algériens sont exposés au risque de la propagation du Sida ainsi que d'autres maladies sexuellement transmissibles à cause de la présence des migrants . Il a affirmé dans une autre déclaration assumer pleinement ses propos : « J'ai dit la vérité, ces migrants ont été porteurs de beaucoup de maladies en Algérie ».

Khalil Abdelmoumène, secrétaire général de la Ligue algérienne des droits de l'homme, n'est pas du même avis. Il a rappelé aux autorités algériennes leurs engagements internationaux. « L'Algérie est signataire des Conventions de Genève, de la protection des travailleurs migrants et des droits de l'enfant. Ces personnes ont des droits ! ». Le syndicat national autonome des personnels de l'administration publique, souligne que c'est est « une chasse à l'homme noir depuis l'indépendance. » Ces migrants seront tous renvoyés dans leur pays d'origine.

De l'avis de plusieurs experts, il est difficile de comprendre ce basculement dans la politique algérienne, mais ce qui est évident aujourd'hui, c'est que l''Algérie semble revoir sa politique migratoire, même si le ministère algérien des Affaires étrangères tarde à commenter l'affaire.