Sénégal: un programme contre la mendicité des enfants

Dans le cadre de la lutte contre la mendicité des enfants dans la rue, le Sénégal s'est doté d'un programme pour éradiquer le phénomène.

L'information a été annoncée par la direction des droits, de la protection de l'Enfance et des groupes vulnérables. La mesure de protection des enfants à travers leur retrait de la rue a été "bien accueillie par toute la population, ainsi que la communauté internationale, notamment l'Union Africaine" selon cette direction, dirigée par Niokhobaye Diouf.

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Le gouvernement, qui a tenu un conseil interministériel sur la question, a décidé que désormais, les enfants de moins de 5 ans sont interdits de "quémander" devant les artères de la capitale. Tous les autres mendiants supposés faire du "trafic d'enfants" sont aussi concernés par la mesure, pour exprimer la volonté du gouvernement de respecter son engagement à mener la "lutte contre le trafic d'humains" dans son territoire.

Activité fructueuse

En effet, selon un rapport de l'Organisation des Nations-Unies contre la drogue et les crimes (ONUDC), la mendicité rapporte annuellement 5,475 milliards de francs CFA (8.346.584 euros), uniquement à Dakar. "Il y a au moins 30.000 enfants qui mendient dans les rues de Dakar. On leur demande de ramener chacun un montant quotidien qui tourne autour de 500 francs CFA (0,77 euro). Quand on multiplie cette somme au nombre de mendiants, ça donne 15.000.000 de francs CFA par jour (22.868 euros)", estime Issa Saka, coordonnateur de projets à l'ONUDC. Dans les autres régions du Sénégal, les enfants de la rue ramènent aussi des dizaines de milliards de francs CFA qu'ils reversent annuellement aux adultes.

Mesures diverses

Le programme de lutte contre la mendicité des enfants d'un coût de 14 milliards de francs CFA (21.342.863 euros) comporte plusieurs aspects.

En dehors des interdictions effectuées, le retrait des enfants de la rue est en cours. L'étude sur la cartographie des "daaras" (écoles coraniques) avait révélé que 30.160 enfants étaient en situation de mendicité entre une heure et cinq heures par jour. C'est ainsi que "1411 enfants ont déjà été retirés des rues" selon Niokhobaye Diouf.

Le programme de lutte prévoit également de travailler sur trois niveaux. D'abord la prévention pour que les gens comprennent les enjeux qui sont derrière la mendicité qui ne consiste plus à inculquer l'humilité aux enfants, mais est devenue un esclavage des temps modernes. Ensuite assurer la protection des enfants, exposés souvent dans les médias, en construisant des centres d'accueil.


Puis, la poursuite par la justice des personnes qui exploitent les enfants. " Il y a des lois qui interdisent l'exploitation d'enfants, notamment à travers la mendicité ", note Issa Saka. En effet, une loi a été votée en 2005 en ce sens, qui condamne ces personnes à des amendes et à des peines de prisonde deux à cinq ans.

En dernier lieu, une action unitaire sera de mise entre les différents services concernés de l'État. Ainsi, le programme de lutte contre la mendicité sera conduit de concert avec un autre, différent mais similaire, le plan d'action national de lutte contre la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.