Sénégal: décès du calife général des Tidianes

Le calife général de la confrérie Tidiane,Serigne Cheikh Tidiane Sy dit "Al Maktoum", est mort à 91 ans dans la nuit du mercredi dernier à Dakar.

C'est un ciel gris qui a accompagné la tristesse de la population sénégalaise. Le chef de la première confrérie en nombre de fidèles du pays était un homme très respecté. Calife général depuis 2012, homme de savoirs, Cheikh Tidiane Sy dit "Al Maktoum" était respecté par tous les musulmans, pas seulement ceux de sa confrérie.

sn deces chef mouride 84bd6Cheikh Tidiane Sy

"Il a eu une vie extrêmement active. Mais il est entré dans une retraite spirituelle définitive pour se consacrer à sa charge unique de spiritualité" déclare Massamba Gueye, historien. En effet, Cheikh Tidiane Sy a été un grand intellectuel, homme politique, opposant à Léopold Sedar Senghor, ambassadeur du Sénégal dans des pays arabes, homme d'affaires prospère, ayant possédé la première cimenterie du pays, mais surtout guide religieux très écouté.

Les hommages et les condoléances se succèdent depuis lors. Le chef de l'Etat Macky Sall ainsi que l'ensemble des autorités administratives, religieuses et coutumières du pays se sont rendus dans l'urgence dans la ville sainte de Tivouane pour présenter, comme des milliers de fidèles, leurs condoléances. Après la disparition de Cheikh Tidiane Sy, c'est son frère Serigne Abdoul Aziz Sy (89 ans) qui a été désigné calife général de la confrérie Tidiane au Sénégal.

Religion, stabilité sociale et politique

Au Sénégal, les confréries religieuses musulmanes sont nombreuses car elles jouent un rôle extrêmement important. On peut citer en outre de la confrérie tidiane, la confrérie mouride à Touba, celle des layenes à Dakar, les niassenes à Kaolack, la famille omarienne,etc. Elles constituent un des socles sur lequel a été bâti le pays tout en s'accommodant de la laïcité qui prévaut dans au Sénégal.

Historiquement, les fondateurs de ces confréries ont été à l'avant-garde de la résistance pacifique à la colonisation. Ce qui leur confère une légitimité certaine.

En dehors de leurs prérogatives religieuses naturelles, les "tarikhas" (confrérie, en wolof) participent aussi de la stabilité de la vie sociale par l'influence dont ils disposent sur leurs disciples. Ils ont longtemps fait office d'antichoc contre les remous qui pourraient affecter la société sénégalaise.

Enfin, sur le plan politique, aucune décision qui engage l'avenir du Sénégal n'est envisagée par les autorités publiques sans discussions avec les différents califes généraux.