Burundi: surpopulation dans les prisons

Les prisons sont pleines, malgré la grâce présidentielle de mars dernier. Le constat est fait par des parlementaires en visite dans différentes prisons du pays.

Lors d'une descente des députés dans dix prisons, les membres de la commission traitant des questions de justice à l'assemblée nationale, ont trouvé les prisons pleines à craquer. L'exception faite est la prison de Rutana (sud du pays) qui abrite 230 détenus alors que la capacité d'accueil est de 350.

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La maison carcérale qui bat le record est celle de Mpimba située dans la zone urbaine de Musaga, au sud de la capitale. Les prisonniers sont au nombre de 3100 alors que la prison ne devrait pas dépasser 800 détenus, donc le quadruple de ce qu'elle peut contenir. Les neufs autres prisons se trouvent à l'intérieur du pays.

Parmi celles-ci, les détenus les plus nombreux sont dans prison de Muramvya, au centre du pays, à 40 km de Bujumbura. Lors de la descente de ces députés, la prison comptait 650 prisonniers pour une capacité de 100 personnes. La prison pour hommes de la province Ngozi au nord, abrite trois fois plus que la normale. Un cas particuliers de cette prison qui enregistre 116 femmes incarcérées alors qu'au paravent la prison pour femmes n'était pas prévue ainsi que 20 enfants.

Référence

La prison de Bubanza à l'ouest du pays, compte le triple de la population carcérale qu'elle devrait loger. Les autres maisons ont le double de ceux qu'elles ne devraient contenir. Une situation accablante, dit Felix Niragira président de la commission permanente chargée des questions de justice à l'hémicycle de Kigobe. « Malgré la grâce présidentielle, les prisons restent surpeuplées, » s'étonne-t-il.

Non, rétorque la ministre burundaise de la Justice. « Le désengorgement est palpable. Seulement les prisons sont exiguës. Elles ont été construites à l'époque coloniale. Une autre valeur ajoute est que les prisonniers ayant fait trois quart de leur peine se sont vus relâchés sans faire référence a l'infraction commise. »

Période

Cette faveur présidentielle date de janvier dernier. Elle concerne 2500 prisonniers déjà condamnés à travers le pays. Certains ont déjà été relâchés. Tout a commencé à la prison centrale de Mpimba où plus de 600 prisonniers ont été libérés y compris 58 membres du MSD, un parti d'opposition. Un parti dont les activités viennent d'être suspendues par le ministère burundais de l'Intérieur pour une période de six mois. Son président en exil étant accusé de former un mouvement rebelle.

Parmi les personnes déjà libérées, 20 ont été arrêtées à nouveau pour vol, dans la plupart des cas et une autre a été tuée en province Muyinga, au nord du pays.