Crise Cameroun anglophone: l'église rompt le silence

La conférence épiscopale nationale s’est finalement prononcée au sujet de la crise qui secoue les régions anglophones du nord-ouest et sud-ouest depuis six mois.

Sa déclaration « officielle » était attendue depuis longtemps. Certains observateurs dénonçaient même « le silence » de l'église catholique face à la crise dite « anglophone » qui paralyse les régions nord-ouest et sud-ouest du Cameroun depuis plus de 6 mois.

cmr eglise 54d44Photo d'illustration

La conférence épiscopale est finalement sortie de son mutisme. Dans leur message, les évêques font le constat que la situation qui prévaut dans les parties anglophones du Cameroun devient de plus en plus préoccupante et préjudiciable à toute la nation. La conférence épiscopale propose donc plusieurs mesures pour sortir de la crise. Il s'agit entre autres, du maintien du dialogue et de la poursuite d'une vraie politique de décentralisation.

« ..Dans l'état actuel des choses, nous vos évêques, estimons moralement nécessaire la poursuite de cet engagement. Nous exhortons les parties concernées à continuer le dialogue et à privilégier la recherche des solutions institutionnelles et humaines, » peut-on lire dans le document rendu public en fin de weekend.

Les évêques du Cameroun appellent par ailleurs à la reprise des cours dans les régions anglophones, paralysées par des villes mortes depuis le début de la crise en octobre dernier, « ...nous confirmons le droit inaliénable à l'éducation reconnu à toute personne humaine. Nous invitons, par conséquent les parents à prendre leurs responsabilités à envoyer les enfants à l'école pour leur donner la chance de réaliser leur projet de vie. »

Des évêques devant les tribunaux

Cette sortie de la conférence épiscopale, intervient une quinzaine de jours après que trois évêques de Bamenda (capitale régionale du nord-ouest), aient été traduits devant le tribunal. Il est reproché à ces prélats, dans une plainte attribuée à des parents d'élèves, d'avoir refusé de rouvrir les établissements catholiques de la ville après avoir perçu des frais scolaires. A ce sujet la conférence épiscopale nationale juge « inopportune et contre-productive » cette procédure.