Cameroun: accident ferroviaire d’Eseka, un premier procès contre Vincent Bolloré

La justice camerounaise autorise les victimes du drame d'Eseka à poursuivre Camrail et Bolloré. L'enquête n'a pas encore rendu ses conclusions.

Près de sept mois après le drame qui a couté la vie à plus de 70 personnes et fait et plus de 500 blessés, un juge vient d'autoriser des victimes à poursuivre Camrail et Bolloré.

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C'est sans doute une première victoire pour les centaines de victimes de l'accident ferroviaire du 21 octobre 2016 à Eseka, chef-lieu du département du Nyong et kelle dans la région du centre. Près de sept mois après le drame, le juge des requêtes du tribunal de première instance (TPI) de Douala vient d'autoriser, par une ordonnance ce 10 mai, des proches de victimes du train 152 à poursuivre en référé l'entreprise de transport ferroviaire Camrail son directeur général et les propriétaires Vincent et Cyrille Bolloré.
 
Ce sera donc la première procédure à être ainsi examinée par la justice.

Nanterre « incompétent »

Apres le déraillement d'Eseka, le parquet de Nanterre en France avait été saisi en février dernier d'une plainte mettant en cause l'entreprise de transport ferroviaire Camrail, filiale du groupe Bolloré. Cette plainte portée par le syndicat des conducteurs de trains du Cameroun, le comité de libération des prisonniers politiques (une organisation basée en France) et le groupe de solidarité aux victimes de cet accident, visait notamment des faits d'homicides, de blessures involontaires, de non-assistance à personnes en danger et de mise en danger de la vie d'autrui.
 
Les plaignants mettaient alors en cause la gouvernance du secteur ferroviaire par l'Etat du Cameroun. Le parquet de Nanterre s'était cependant déclaré incompétent pour enquêter sur ce drame en l'absence de victime française de son ressort territorial.

Une autre procédure est en cours dans le cadre de cette affaire à Créteil. Au Cameroun on attend toujours la publication des résultats d'une enquête gouvernementale, prescrite au lendemain de la catastrophe ferroviaire par le président camerounais, Paul Biya.