Mali: des leaders religieux en guerre contre les réseaux sociaux

Des dignitaires musulmans se disent régulièrement diffamés sur facebook. Ils interpellent les autorités et menacent de sévir contre les dérapages.

La semaine dernière, la communauté musulmane du Mali s'est réunie en assemblée générale, à la grande mosquée de Bamako, pour adopter une position commune par rapport au processus de révision constitutionnelle en cours dans le pays. Les musulmans en ont profité pour hausser le ton face à de récents dérapages sur les réseaux sociaux, notamment facebook. « Nous n'accepterons plus jamais que nos guides soient vilipendés sur les réseaux sociaux. Tous ceux qui essayeront encore de souiller la réputation d'un leader religieux seront identifiés, traqués et tués. Le sang coulera ! », a mis en garde Adama Nouhoum Traoré au nom des associations de jeunes musulmans.
 
Image2 48cbcL'Imam Mahmoud Dicko s'adressant aux musulmans du Mali à Bamako

Paroxysme
Selon la jeunesse musulmane, les religieux ne sont plus respectés au Mali. D'où leur appel à l'endroit des autorités afin que les textes soient appliqués pour mettre fin aux dérives sur les réseaux. Leurs propos ont été corroborés par des dignitaires, notamment Chérif Ousmane Madani Haïdara, guide spirituel d'Ançar Eddine international, l'une des plus puissantes organisations musulmanes du Mali et même de la sous-région ouest-africaine. «
Tout disciple qui n'est pas maudit doit mourir là ou est son maître est diffamé. Nous ne nous laisserons plus faire. Nous avons saisi les pouvoirs politique, juridique et sécuritaire. S'ils ne s'assument pas, nous sauront quoi faire pour que nous soyons respectés,» a incité le Chérif Haïdara, selon qui les violences verbales contre les leaders religieux ont atteint leur paroxysme au Mali.
Le président du Haut conseil islamique du Mali, Mahamoud Dicko, a, lui, appelé à la tolérance et à la cohésion, après s'être dit opposé à ce que des individus insultent impunément les autorités politiques et religieuses du pays.

Modéré
Au cours de l'une de ses récentes sorties, le guide spirituel de la communauté des Soufis du Mali, Cheick Soufi Bilal Diallo, s'est voulu plus modéré. Le Cheick a en effet estimé que les nobles missions d'un guide ne lui permettent pas d'inciter à la violence. Il est très souvent reproché aux leaders religieux du Mali, notamment musulmans, d'être de plus en plus impliqués dans la chose politique. Youssouf Mohamed Bathily alias ''Ras Bath'', un chroniqueur sur les antennes de plusieurs radios privées et sur les réseaux sociaux, est particulièrement virulent envers des dignitaires religieux et politiques du pays.