RDC : une rançon de 200 000$ pour la libération de deux prêtres kidnappés au nord Kivu

La libération de deux prêtres est conditionnée par le versement d'une
rançon de 200 000 dollars exigée par les ravisseurs. La population se
mobilise.

La société civile de Beni dans la province du Nord Kivu a décrété, depuis jeudi 20 juillet, trois journées ville morte dans la chefferie de Bashu au sud du territoire de Beni, pour exiger la libération des deux prêtres de la paroisse catholique Notre-Dame des Anges de Bunyuka, enlevés dimanche 16 juillet.
 
RDC Prêtres Fotor f4980

Interviewé sur radio Okapi, Moise Paluku, vice-président de la société civile dans la region est revenu sur la situation dans la contrée. " Ce que nous sommes en train de revendiquer, c'est la libération immédiate et sans condition de nos deux prêtres de la paroisse de Bunyuka. Mais aussi nous sommes en train de fustiger la situation qui prévaut dans la chefferie de Bashu surtout la résurgence des incursions nocturnes, caractérisées par des agressions à l'arme à feu et blanche. Il y a des assassinats, des enlèvements, des vols et des viols. »

200 000 dollars en rançon

Les ravisseurs qui se sont exprimés mardi 19 juillet exigent une rançon de 200 000 dollars americains. " Les ravisseurs des prêtres ont demandé hier 200.000 dollars au diocèse de Butembo-Beni. Ils ont les contacts des gens dans la ville. Ils ne disent pas où ils sont précisément. Mais, généralement, dans des cas pareils, il y a toujours des négociations. Nous attendons de voir la réaction du diocèse," a déclaré Gilbert Kambale, président de la société civile de Beni au nord Kivu cité par le site d'informations Actualité.cd.

Par ailleurs le lieutenant Jules Ngongo porte-parole de l'armée dans la région joint par la même source a tenu à rassurer que tout était déjà mis en œuvre, afin que les deux religieux soient libérés. " Les services sont en marche pour retrouver les serviteurs de Dieu. Personne ne souhaite que quelque chose de mal leur arrive. Nous souhaitons les retrouver vivants. "

Inquiétude de l'église

De son côté, l'église catholique congolaise ne reste indifférente. Lundi dernier, monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, évêque du diocèse de Butembo-Beni, avait condamné l'acte avant que la Cenco (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) ne réagisse. Elle lance également un appel aux autorités pour démanteler le réseau criminel qui sème la terreur dans la région de Beni.

Le curé Charles Kipasa et le vicaire Jean-Pierre Akili de la paroisse Marie mère des Anges ont été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi dernier par des inconnus. Dans ce territoire, comme dans d'autres coins de la province du nord Kivu, les enlèvements sont recurants. Ils sont perpétrés majoritairement par des personnes en armes.