RDC : plus de 2800 cas de violations dénoncés par l'ONU

Le bureau conjoint des nations unies aux droits de l'homme affirme
avoir répertorié au moins 2822 cas de violations des droits humains, en six mois en RDC.

Dans son rapport semestriel publié le mardi 25 juillet, Le bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l'homme cite les forces de sécurité congolaises, ainsi que des rebelles et miliciens comme les principaux responsables ces violations. Basé de la période allant de janvier à juin 2017, le rapport dépeint la situation des droits de l'homme dans les régions sous tension de la république démocratique du Congo et en établit les responsabilités. Selon les chiffres fournis par cette représentation du Haut-commissariat de l'ONU pour les droits humains, au total 2822 violations de droits humains ont été enregistrées plus particulièrement à l'est du pays, dans les provinces de Kasaï et dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

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Les responsabilités
Selon le même document consulté par Afrique Actualité, des agents de l'Etat dont ceux de la police nationale congolaise, de l'armée , de l'agence nationale des renseignements et des autorités administrative ou judiciaires ont été responsables de 58 % de violations de droits humains pendant les six premiers mois de l'année. Pendant ce temps, 42 % des violations documentées sont attribues aux combattants des groupes et milices armés. '' Les agents de l'Etat ont notamment été responsables de l'exécution extrajudiciaire d'au moins 591 personnes, dont 35 femmes et 170 enfants. Les membres des groupes armes eux sont imputés de 1195 violations y compris l'exécution sommaire d'environ 345 personnes, dont 46 femmes et 32 enfants'' explique le rapport.

Il signale également que pour la région du Kasai, "Au moins 491 personnes dont 140 enfants ont été tuées par les Forces Armées de la RDC et 37 personnes ont été tuées par les miliciens de Kamuina Nsapu dans les provinces meurtries du Kasaï" précisant en outre que la plupart des 42 fosses communes découvertes au Kasaï auraient été creusées par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo. Le plus grand nombre des violations selon le rapport, a été commis par les agents de la police nationale congolaise soit près d'un quart des violations documentées sur l'ensemble du territoire soit 693 cas.

Restriction de l'espace démocratique
Sur ce chapitre, le bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l'homme dit avoir documenté 430 violations soit un nombre plus élevé que celui de toute l'année 2015. Selon ce rapport, cela confirme la répression politique persistante et systématique en RDC. Ici encore les agents de la police nationale congolaise sont cités parmi les principaux auteurs aux côtes des forces armées de la République démocratique du Congo FARDC. Du côté des victimes, le rapport classe les membres des partis politiques avec 187 cas, l'organisation de la société civile 161 cas.
Le contexte tendu survenu dans ce pays suite à la non-organisation des élections a accentué la restriction de l'espace démocratique sur l'ensemble du territoire." Malgré la libération de plusieurs prisonniers politiques ou d'opinion au cours du semestre, plus de 170 personnes restent détenues du fait de leurs opinions politiques ou d'activités citoyennes légitimes. Le Bureau conjoint des Nations-Unies pour les Droits Humains regrette le manque de volonté des autorités pour mettre en œuvre les mesures de décrispation, y compris celles prévues par l'accord politique du 31 décembre 2016, qui permettraient un apaisement de la situation politique" signale le rapport. Aucune autorité Congolaise n'a commenté ce rapport depuis sa publication mardi soir.