Émeute dans une prison à l'ouest Cameroun

Des détenus de la prison centrale de la ville Bafoussam à l'ouest Cameroun ont entamé un mouvement d'humeur. Ils revendiquent de meilleures conditions de détention.

Tout est parti d'une tentative d'évasion manqué. Le nommé Patrick Nana, la trentaine révolue détenu à la prison centrale de Bafoussam, capitale régionale de l'ouest Cameroun, depuis un mois à peine a été abattu d'une balle par un gardien de prison alors qu'il tentait de s'évader. La victime séjournait dans le pénitencier parce que reconnu coupable de vol de moto.
 
 
 
Prison decec
 
 
Le drame a mis le feu aux poudres dans la prison où selon des sources internes les détenus dénonçaient depuis plusieurs mois des conditions « inhumaines » de détention.
 
A la suite du décès de leur camarade , mardi 19 septembre en matinée, les pensionnaires ont entrepris un mouvement d'humeur pour exprimer leur ras-le-bol , scandant des slogans de retour à une justice équitable et dénonçant de mauvais traitements. Les prisonniers ont également confisqué le corps du détenu abattu.
 
Informé de la situation, le gouverneur de la région de l'ouest, Awa Fonka Augustine est descendu sur les lieux fortement militarisés, accompagné du préfet du département de la Mifi. Les autorités administratives ont entamé des négociations avec les détenus en présence des responsables de la prison. Au bout de 4 h de pourparlers, le gouverneur a obtenu la restitution de la dépouille du prisonnier et un retour au calme.
 
Surpopulation
 
Parmi les problèmes évoqués à la prison centrale de Bafoussam, l'on note celui de la surpopulation carcérale. La prison construite en 1973 pour accueillir moins de 850 détenus, en compte plus de 1500 à ce jour. Un problème commun à pratiquement toutes les prisons du pays, en septembre 2015 le gouvernement camerounais indiquait que les prisons du pays abritaient 26.702 détenus pour une capacité d'accueil de 17.000 places. A cette surpopulation s'ajoute la vétusté des locaux, la promiscuité et l'insalubrité.