Cameroun: l'étrange assassinat d'un proviseur de lycée à Foumban

Charles Etoundi, proviseur du lycée Bilingue de Foumban dans la région de l’Ouest a été poignardé à mort à son domicile par des inconnus, le week-end dernier.

Le drame est survenu aux premières heures du samedi 23 septembre. Selon les témoignages du voisinage, l'enseignant a été surpris par des inconnus à son domicile à Foumban alors qu'il était manifestement encore au lit. En présence de son épouse, les agresseurs lui ont porté plusieurs coups de poignard avant de prendre la fuite.

cmr foumban lycee 25303

Le fils de la victime, présent lui aussi au moment des faits a reçu des coups de machette. Transporté à l'hôpital régional de Bafoussam, le décès du proviseur a été constaté peu après son arrivé. Charles Etoundi, professeur des lycées d'enseignement général hors hiérarchie, avait été porté à la tête du lycée bilingue Sultan Ibrahim Njoya de Foumban depuis moins d'un an.

Révélations

Le décès de cet enseignant aurait pu passer pour une banale agression qui a mal tourné s'il n'avait suscité une vague de réactions sur la toile, mais surtout délier plusieurs langues. Outre les messages d'indignation et de consolation des internautes pour la famille éprouvée de l'enseignant assassiné, il y a eu aussi des révélations.

L'on apprend alors qu'à l'arrivée du proviseur au lycée bilingue sultan Ibrahim Noya de Foumban en décembre 2016, il trouve un établissement scolaire où la délinquance a élu domicile. Certains élèves et enseignants Bamoun (tribus autochtone de Foumban) y dicteraient leurs lois prétextant être « chez eux ».

A son arrivé le proviseur qui avait trouvé un trou de 8 millions de fcfa dans les comptes de l'APE (l'association des parents d'élèves) a entrepris cette rentrée scolaire de dissoudre l'ancien bureau de l'association, le nouveau bureau devait être voté dans les prochains jours. A cela il faut ajouter les nombreux tiraillements avec des autochtones qui répétaient à qui voulait l'entendre qu'un « étranger » ne devait pas être proviseur dans les grands lycées du département du Noun région de l'ouest . Charles Etoundi était originaire du Centre.

La sortie du Gouvernement

Dans un communiqué publié ce lundi 25 septembre, le ministre des enseignements secondaires a condamné « avec la dernière énergie cette acte odieux, crapuleux et barbare qui met en mal l'intégration nationale et le vivre ensemble.. ». Tout en adressant ses condoléances à la famille du disparu, Jean Ernest Ngalla Bibehe a appelé au calme toute la communauté éducative et la rassuré quant aux « mesures prescrites par le gouvernement à l'effet de protéger les intervenants de la chaines éducatives »
Une enquête a été ouverte pour élucider les causes réelles du meurtre.