Tunisie: en prison pour un bisou

Un couple a été condamné à de la prison pour s'être embrassé en public. 4 mois pour atteinte aux bonnes mœurs. La société civile se mobilise.

Le tribunal de première instance de Tunis vient de condamner un ressortissant franco-algérien et sa copine tunisienne, respectivement, à quatre mois et demi et trois mois de prison ferme pour atteinte aux bonnes mœurs.

2 e7946

Selon les premiers éléments de l'affaire, l'accusé agé de 33 ans, a été arrêté à Gammarth (banlieue nord de la capitale Tunis) par une patrouille de police qui lui a reproché d'embrasser sa copine en public.

Le touriste franco-algérien, cadre dans une société marseillaise, était en week-end à Tunis où il a retrouvé une amie tunisienne avec qui il s'est arrêté sur la route touristique de Gammarth. Au bout de deux minutes, une voiture de police est arrivée. Les policiers leur demandent leurs pièces d'identité. Interpellés et fouillés, ils ont été conduits au commissariat. Un PV est rédigé aussitôt.

Voici les charges retenues contre eux: atteinte à la pudeur, atteinte aux bonnes mœurs, ébriété sur la voie publique, tapage, refus de se conformer à un ordre et outrage à un fonctionnaire public pendant l'exercice de ses fonctions. Ils passent trois nuits en prison. Lui, à la prison civile d'El Mornaguia, elle, à la prison des femmes de la Manouba. L'avocat Ghazi Mrabet a insisté sur les nombreux vices de procédure comme le fait que son client « ne parle pas un mot d'arabe. » La présence d'un avocat leur aurait été refusée, ou encore la possibilité d'informer un proche.

Pétition

La sœur de Nassim Ouadi, a lancé samedi une pétition pour appeler l'ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d'Arvor, à intervenir dans cette affaire. La pétition, indique toute fois que « pour l'heure, l'ambassade de France en Tunisie, qui nous le rappelons n'avait pas été informée par les forces de l'ordre de l'incarcération de Nassim, a finalement été mise en relation avec l'avocat par le biais de ses amis et assure ne rien pouvoir faire pour ce dossier. »

Dans le texte de la pétition, il est précisé aussi que l'ambassade algérienne ne peut rien faire dans cette affaire étant donné que Nassim Ouadi est entré sur le sol tunisien avec son passeport français.

Les articles 226 et 226 bis du code pénal tunisien, stipulent une sanction allant jusqu'à six mois de prison contre toute personne coupable d'outrage public à la pudeur ou pour atteinte aux bonnes mœurs ou à la morale publique.