Burkina: les parents des victimes de l'insurrection réclament justice

Une cérémonie d'hommage et de commémoration de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 s'est tenue en présence du président Roch Marc Christian Kaboré

Trois ans après l'insurrection populaire qui a entraîné la chute du président burkinabè Blaise Compaoré en 2014, des parents de victimes et des blessés réclament justice. C'est la justice qui doit se faire valoir", a déclaré le président de l'Association des blessés de l'insurrection populaire (Abip), Dramane Ouédraogo, appelant les autorités à "prêter attention sur cette suite judiciaire", à l'issue d'une cérémonie d'hommage en présence du président Roch Marc Christian Kaboré.
 
Le président de l'Union des familles des martyrs de l'insurrection populaire, Victor Pouhoulabou, demandant "le soutien de l'ensemble du peuple burkinabè dans cette quête", a soutenu que, "qu'aujourd'hui nous attendons que justice soit rendue à nos martyrs". "On est sortis lors de l'insurrection parce qu'on voulait un changement. Trois ans après, c'est toujours la même chose parce qu'on attend encore la justice. Il ne faut pas qu'on meure avant le jugement", a pesté Sayouba Ouédraogo, un blessé de l'insurrection. "Il y a un début, nous ne désespérons pas puisque le processus est lancé. Nous osons croire qu'au prochain anniversaire, on va pouvoir tous pousser un ouf de soulagement", a assuré le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré.
 
Le chef de file de l'opposition, Zéphirin Diabré, qui était à la tête des manifestations en 2014, a boycotté la cérémonie, expliquant se "démarquer résolument de ce folklore" et "cette mise en scène, qui participe à entretenir dans les esprits la fiction d'une prétendue connivence des insurgés avec le pouvoir en place, et de leur responsabilité collective dans la situation dramatique que vit aujourd'hui notre pays". "Trois ans après ces journées historiques qui devaient préfigurer la naissance d'un Burkina nouveau, notre pays continue sa lente descente vers le chaos" et "notre justice peine à élucider les crimes commis lors de l'insurrection populaire, et ceux commis tout au long de la IVe République", a-t-il fustigé. Selon lui, "la meilleure façon pour le pouvoir du MPP de commémorer l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, c'est de gérer le Burkina en référence aux aspirations du peuple insurgé".
 
Blaise Compaoré a été chassé par la rue le 31 octobre 2014 après 27 ans de pouvoir. La répression des manifestations organisées pour s'opposer à son projet de révision constitutionnelle a fait officiellement 33 morts et plus de 600 blessés. A ce jour, les juges d'instruction ont inculpé et placé sous mandat de dépôt dix-sept personnes pour "tentative de meurtre, assassinat, coups et blessures volontaires", selon la procureure du Faso Maiza Sérémé.