RDC: procès d'un ancien député et de ses complices pour le viol de 40 jeunes filles

Le procès d'un ancien député et ses complices accusés du viol de plus de 40 jeunes filles et le meurtre de 2 personnes s'est ouvert jeudi, à Kavumu.

Dix-huit personnes comparaissent depuis jeudi, à Kavumu, dans la province du Sud Kivu, a l'est de la République Démocratique du Congo. Hier, il a été question pour la cour de procéder à l'appel des 18 prévenus. Ces personnes, dont un député et des miliciens, sont accusées de viols, crimes contre l'humanité, participation à un mouvement insurrectionnel et détention illégale d'armes et munitions de guerre.

rdc procès viol a kavumu 096f7Une foule dont des victimes attendant le début du procès

Selon un rapport publié par l'organisation de la nouvelle société civile en province du Sud Kivu, depuis l'année 2013, les accusés sont responsables des viols d'au moins 40 jeunes filles et de l'assassinat de plusieurs personnes, dont celui d'un de ses membres, Evariste Kasali, et d'un ingénieur allemand, Walter Muller, qui travaillait dans la région.

Un procès salutaire

Pour l'ONG Trial international, dans un communiqué de presse, publié jeudi, le début de ce procès tant attendu est un réel motif de satisfaction. " Nous nous réjouissons que le procès se tienne le plus tôt possible. Les victimes ont attendu pendant des années, elles méritent à présent un procès célère et exemplaire" souligne le document."L'importance du procès Kavumu va bien au-delà des victimes et leurs familles. Il ébranlé toute l'omerta et l'inertie judiciaire qui entourent les violences sexuelles dans le Sud-Kivu" a ajouté Philipe Grant le directeur de l'ONG.

Même sentiment pour la nouvelle société civile du Sud Kivu qui estime que le début de ce procès est un signal fort dans la lutte contre l'impunité. Elle dit craindre toutefois que ce dernier soit un procès fantaisiste comme cela a toujours été le cas. " La Nouvelle dynamique de la société civile, DSCI, craint que ce procès ne soit qu'un de plus qui vient s'ajouter à la longue liste de procès bidons et autres mascarades de justice. Elle invite par conséquent la justice militaire à bien dire le droit et rendre justice dans ce procès, " déclare Jean Chrysostome Kijana, son coordonateur joint par Afrique Actualité.

Du côté de l'hopital de Panzi du docteur Dennis Mukwege à Bukavu où sont soignées les victimes des viols, on salue également le début du procès. " Nous sommes persuadés que le procès contribuera un tant soit peu au rétablissement de la paix communautaire; et en cela il peut déjà être considéré comme une partie de la réparation psychologique, sociale et morale" a déclaré le responsable de cette structure sanitaire.

Superstition

Selon plusieurs témoignages, les actes de viols des petites filles par les miliciens fidèles à l'ancien député provincial Frederic Batumike étaient dans l'objectif d'acquérir une protection surnaturelle en devenant invulnérables aux coups de feu. Une mère de victime témoigne : " les ravisseurs s'introduisaient dans nos maisons de nuit pour enlever nos filles. Ils les violaient par pure superstition, et beaucoup souffriront de lésions toute leur vie".

Pour plusieurs organisations qui militent en faveur de la justice dans cette affaire de viols, ce qui est plus horrible c'est l'âge de victimes dont pour la plupart, l'âge varie entre douze et huit mois. Elles soulignent que le mode opératoire de ces miliciens était toujours le même. Ces derniers enlevaient de leurs domiciles ces filles pendant la nuit, les violaient, prelevaient leur sang avant de les abandonner dans les champs.