Le drame des Eperviers dans l'enclave de Cabinda, six ans déjà

Dans l'enclave de Cabinda, les Eperviers du Togo ont été pris au piège dans une attaque meurtrière. C'était lors de la CAN 2010. Et les Togolais s'en souviennent encore.

08 janvier 2010 - 08 Janvier 2016. Il y a six ans, les Eperviers du Togo étaient victimes d'une attaque sanglante dans l'enclave de Cabinda en Angola. Ce jour-là, les ambassadeurs du Togo allaient à Luanda pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations, CAN 2010.

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La délégation togolaise et les joueurs dans un convoi en bus ont fini leur course dans l'enclave de Cabinda. Le convoi étaient attaqué par les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC). Bilan : 3 morts dont 2 Togolais, Stan Ocloo et Amélété Abalo, respectivement attaché de presse de la sélection nationale et entraîneur adjoint des Eperviers.

L'un des blessés graves, qui a toujours des séquelles, reste Kodjovi Obilalé, le gardien de but. M. Obilalé avait, écrit un livre sur ce drame "Un Destin foudroyé", paru en octobre 2015 en France.

Touchée, la sélection togolaise était partagée entre poursuivre la compétition, comme si de rien n'était, ou se retirer. Les autorités togolaises prirent la décision de retirer l'équipe nationale. Les Eperviers ne disputeront pas la CAN 2010.

Alors que tout le pays pleure, la Confédération Africaine de Football (CAF) va enfoncer le clou en sanctionnant le Togo pour ingérence de l'Etat. Une sanction qui sera levée après négociations.

Avocats

Six ans déjà, jour pour jour, certains Togolais s'en souviennent encore, comme si c'était hier.

Un proche de Stan Ocloo, journaliste et chargé à la communication de la Fédération, confie, larmes aux yeux : "A chaque 08 janvier, je sens une absence autour de moi. Surtout quand je vois cette photo de mon frère que nous avions prise ensemble en famille".

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Togolais ont posté des images de cercueils des disparus, et les commentaires vont bon train.

L'évènement de Cabinda reste encore vivace dans les esprits surtout que justice n'a pas été rendue pour savoir ce qui s'est réellement passé, alors que le FLEC avait revendiqué l'attaque.

Pire, les victimes n'ont jamais été indemnisées, ni par les autorités angolaises, ni par la confédération africaine de football (CAF), organisatrice de la compétition. Les avocats togolais travaillent sans relâche sur ce dossier.