CAN 2017: quand les télévisions africaines souffrent du monopole de beIN Sports

Des millions de téléspectateurs africains sont privés de la CAN. Les télévisions n’ayant pas les moyens de payer pour les droits de diffusion. BeIn Sport est indexé.

Les pays nord africains ne pourront pas regarder les matchs de leur équipe nationale de football sur à la télévision nationale. Et pour cause : le groupe qatari beIn Sports, détenteur des droits de diffusion des matchs de la CAN 2017, a fait plier ces télévisions nationales en exigeant des prix exorbitants.

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Pourtant, les spectateurs algériens, tunisiens, égyptiens et marocains espéraient pouvoir suivre en direct les rencontres. Mais, au dernier moment, les négociations entre beIN Sports, et les chaînes nord africaines ont échoué.

Un vrai monopole

C'est le groupe Lagardère qui a acquis les droits via Sportfive, sa filiale spécialisée dans la gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs. La Confédération Africaine de Football (CAF) lui a accordé un monopole sur le football africain depuis 2008. En 2016, ce monopole a été reconduit jusqu'en 2028. Un privilège facilité par le président de la CAF Issa Hayatou. Le groupe Lagardère a ainsi demandé pas moins de 1,6 millions d'euros aux télévisions des pays qualifiés pour la diffusion. Cette augmentation prohibitive des droits de retransmission a empêché plusieurs chaines publiques africaines de retransmettre la phase finale de la compétition. C'est notamment le cas pour le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte.

La télévision algérienne a annoncé qu'elle renonçait à diffusion de la CAN 2017 faute d'accord avec les ayants droits. Le groupe qatari a réclamé la somme de 15 millions d'euro pour la retransmission de six matchs dont les trois de l'Algérie. Le ministre de la Jeunesse et des Sports algérien a annoncé dimanche que des écrans géants seront installés au niveau des établissements sous tutelle pour permettre aux Algériens de suivre les matchs de l'Equipe nationale lors de la CAN-2017.

Il y a un mois, le directeur général de l'UAR, l'Union africaine de radiodiffusion, Grégoire Ndjaka, avait affirmé que les chaines africaines ne sont pas toutes, dans les dispositions de se plier aux exigences financières du diffuseur qui doit ainsi revoir ses prétentions à la baisse. « 1,6 millions d'euros, c'est inacceptable ! », avait souligné M. Ndjaka. Plus d'une dizaine de pays principalement anglophones comme le Kenya, la Zambie, le Rwanda, le Liberia ou l'Éthiopie ont également décidé de ne pas diffuser les compétitions, jugeant le coût de cette diffusion trop élevé.