L’équipe nationale burundaise se vide de ses joueurs

Une vingtaine de footballeurs et entraîneurs burundais a quitté le pays depuis juillet 2015. Tous sont à la recherche de meilleures conditions de vie.

Rencontré au stade Prince Louis Rwagasore dans la capitale burundaise, un footballeur explique : « nos clubs n'ont de moyens pour nous permettre de subvenir à nos besoins et à ceux de nos familles. Comment pouvons–nous espérer une vie décente alors que nous sommes irrégulièrement et pitoyablement rémunérés ? Je suis en train de chercher un club à l'étranger. »

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Selon Mac Arthur Arakaza ancien gardien de l'équipe Vital'o et qui vient de rejoindre un club kenyan en passant par l'Ouganda, seule la prime de match est offerte, elle varie suivant les clubs (entre 15 000 fbu ou 7 euros et 20 000fbu ou 10 Euros). Ce qui est en outre affligeant, ces joueurs ne bénéficient ni d'assurance maladie, ni de cotisations sociales. »

Des départs inquiétants

L'équipe Vital'o à elle seule, a perdu six joueurs en début juillet de cette année, dont Nzigamasabo Steve, capitaine de l'équipe, et Emery NImubona surnommé Kadogo, recrutés par Bugesera FC du Rwanda. Duhayindavyi Gael, Bonfils Caleb Bimenyimana, Ndarusanze Jean-Claude ont également été recrutés par Kigali. D'autres sont partis en Tanzanie et en Zambie. Ces footballeurs viennent notamment des équipes Vital'o, Lydia Ludic Academic et Messager FC.

D'autres encore sont allés chercher de meilleures conditions de vie. C'est le cas de Ntibazonkiza Saidi, Nizigiyimana Abdul Karim, Abdoulrazak Fiston, Papy Faty Kwizera Pierrot, Mavugo Landry, Harerimana Alexis Kitenge... Ils jouaient pour le compte des équipes Inter Stars, équipe nationale et Vital'o.

Du coté des entraineurs, Amars Niyongabo, ancien coach de l'équipe nationale Les Hirondelles, est parti en Tanzanie. Francis Mbaya Haringingo et Omar Ntakagero sont au Rwanda voisin.

Réaction

Olivier Niyungeko, entraineur de l'équipe nationale reconnait que les différents départs affectent le football burundais. Le classement du Burundi dans le championnat des joueurs locaux CHAN laisse à désirer au vu de ses départs, regrette-t-il. Toutefois, il souligne que d'autres joueurs ont été recrutés et amènent du sang nouveau.

Charles Karundi, un amateur du ballon rond estime que les conditions de vie des joueurs « devraient être améliorées pour que le pays ne perde pas ses meilleurs joueurs et entraineurs. Il serait bien que la fédération de football tire l'exemple des pays voisins ou des pays européens sur les salaires des joueurs professionnels. Bien que n'ayant pas les mêmes moyens, il faut essayer de stimuler nos footballeurs. »

C'est dans un tel contexte qu'a été réélu ce dimanche en assemblée générale, le président de la Fédération de Football du Burundi (FFB) en la personne de Réverien Ndikuriyo, actuel président de la chambre haute du parlement burundais. Il dirige la FFB pour un nouveau mandat de 4 ans. M. Ndikuriyo promet la redynamisation du football au niveau local. Sur 14 membres du comité entrant figure une seule femme, une policière Eugénie Kabura qui promet elle aussi de développer le football féminin.