Burkina Faso : crise dans le cyclisme

La fédération burkinabè de cyclisme traverse une crise sans précédent. Elle pourrait bien plomber les efforts des autorités pour promouvoir la discipline.

Le cyclisme burkinabè en plein turbulences depuis plusieurs semaines. Tout est parti de l'organisation du championnat national 2015 de la discipline, le 5 juillet dernier. Ce jour-là, alors que le circuit de la course était sur le point d'être bouclé, un incident grave se produit.

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Pendant que le sprint est lancé à près de 200 mètres de la ligne d'arrivée, le coureur de l'AS Bessel, détenteur du titre, Salfo Bikienga, est victime d'une chute spectaculaire. Sa tête percute la tribune officielle. Le championnat laisse place à des contestations des supporters de l'AS Bessel, qui accusent le coureur Rasmané Ouédraogo du club TAN ALIZ d'être à l'origine de la chute. Dans la foulée, Salfo Bikienga est évacué d'urgence à l'hôpital pour des soins. Il s'en sort par la suite.

L'atmosphère étant tendue, la proclamation des résultats du championnat national et, encore moins, la remise des prix, n'ont pu se faire. Deux jours après, le 7 juillet, les supporters de l'AS Bessel, toujours remontés, font une descente au ministère des Sports pour demander la démission du président de la fédération burkinabè de cyclisme (FBC), Alassane D. Ouangrawa. Il est reproché à ce dernier, au plus fort de l'affaire de la chute du coureur, une « gestion opaque des finances, du matériel et de l'équipe nationale».

Démission

Mais le principal concerné rejette en bloc ces allégations, documents à l'appui, tout en se montrant inébranlable. « Je ne m'accroche pas et ne m'accrocherai pas à un poste. Je ne suis pas là pour bâcler ou saper tout le travail qui a été fait. Nous devons travailler pour booster le cyclisme burkinabè. Je m'assumerai jusqu'au bout», a-t-il réagi. Pour lui, seules les instances du cyclisme, desquelles il tient sa légitimité, peuvent le démettre de ses fonctions.

Le président de la FBC a néanmoins appelé à l'apaisement, mais les esprits ne se sont guère calmés. La fédération fait feu de tout bois et proclame, le 28 juillet, les résultats du championnat national 2015, malgré les contestations de l'AS Bessel. Signifiant pour l'occasion aux frondeurs, que l'enquête des images de l'arrivée n'a pas établie la responsabilité du coureur incriminé dans la chute de Salfo Bikienga.

Inutile de préciser, que les contestataires n'y croient pas. Ils vont encore se révéler, dimanche 23 août à Ouagougougou, en perturbant et en entrainant l'interruption du grand prix Hôtel Excellence, l'une des dernières compétitions avant le célèbre Tour du Faso.

En effet, des supporters mécontents, qui réclamaient séance tenante la démission du président de la fédération, ont fait usage de lance-pierres pour disperser les coureurs. Réussissant ainsi à obtenir l'annulation de la course après un tour de piste. Jusqu'où iront les frondeurs ?