Sénégal: Fatou Diouck " la femme est l'avenir de l'homme."

Star du volley-ball africain, Fatou Diouck, du club Suprême VC en Thaïlande, est une modèle au-delà de sa profession. Entretien à l'occasion de la journée de la femme.

sn fatou diouck 47abdFatou Diouck

Si vous deviez vous présenter à nos lecteurs, que leur diriez-vous ?


Je suis Fatou Diouck, Sénégalaise. Je suis joueuse internationale de volley-ball et capitaine de la sélection de mon pays. Également, je suis présidente de l'association "Demoiselles de Keur, Sénégalaises de Demain" qui fait la promotion du volley-ball, soutient les jeunes volleyeuses dans leurs études et leur traitement en cas de maladie. Enfin, je suis la créatrice de la marque FD.

D'où vous vient cette passion pour le volley-ball ?

Au tout début, le volley-ball m'avait attiré par sa rareté. La passion, elle, est venue avec le temps...

Aviez-vous imaginé un jour, que vous deviendriez une joueuse professionnelle ?

Oui, je pensais l'être, un jour. Grâce à Dieu, c'est arrivé plus vite que je ne le pensais.

Jusqu'à présent, quels sont les succès qui vous ont le plus marqué ?

Beaucoup m'ont marquée. Je peux citer la récompense du Lion D'or. Il y'a aussi la fierté d'être la première joueuse professionnelle de volley-ball du Sénégal. Ensuite la participation à la champion's league, enfin tous mes trophées collectifs et individuels.


En tant que joueuse internationale, avez-vous remarqué des différences culturelles notables dans la manière d'appréhender le volley-ball ?

Oui. Au contraire du continent africain, le volley-ball est intégré dans les programmes scolaires ailleurs et les gens gens paient pour y avoir accès. Dans des pays, comme la Thaïlande et le Brésil, le volley-ball est autant, sinon plus populaire que le football. Le volley-ball est un sport où il y a beaucoup de pratiquants dans le monde.


Concernant le jeu en lui-même, quelle est votre position sur le court ? Et quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour évoluer à ce poste ?

Je suis une pointue (attaquante, en volley-ball). Cette position requiert beaucoup de physique et de puissance. Il revient à la pointue de marquer les points dans money time.


Selon vous, quelles sont les valeurs essentielles pour devenir une joueuse professionnelle de Volley-ball ?

D'abord, je dirais qu'il faut être rapide. De préférence, il faut être grande aussi. Il faut, évidemment, savoir sauter. Être malin et avoir le sens du collectif sont aussi importants dans ce sport.


Qui prenez-vous en référence dans la vie (ou même dans votre métier ) ? Pourquoi ?

Mes parents, d'abord. Ils sont très importants pour moi. Le guide religieux mouride Serigne Fallou Mbacké m'inspire beaucoup spirituellement. J'admire beaucoup son caractère.


Comment se passe au quotidien la vie d'une femme volleyeuse ?

Celui de la sportive de haut niveau et celui de la femme tout court s'entremêlent. La sportive s'entraîne, dort pour bien récupérer, mange sain.etc. La femme, elle, est normale : ménage, shopping, etc.


Comment appréciez-vous la place de la femme dans le monde d'aujourd'hui ?

Une amélioration a été constatée, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire. On voit encore l'inégalité entre les genres dans la politique, les lieux de travail et même dans le sport ( le sport masculin est beaucoup plus médiatisé ) mais aussi dans l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle. La femme est l'avenir de l'homme. C'est d'elle que viendront les vrais changements dans la société.

Propos recueillis par Zakaria Ndiaye à Dakar