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dimanche 18 novembre 2018

Soupçons de corruption : Bolloré et un dirigeant d’Havas en garde à vue

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent, ont été placés en garde à vue à Nanterre aux côtés de leur patron Vincent Bolloré, a-t-on de source judiciaire, confirmant une information du Monde. Tous trois sont interrogés par la police anticorruption dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris qui vise à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé ses activités de conseil politique pour obtenir la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, en 2010-2011.

Corruption : Vincent Bolloré désormais sur la défensive

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L’industriel breton est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur l’attribution de concessions portuaires en Afrique

Connu pour ses stratégies offensives voire ses coups de force, l’industriel breton Vincent Bolloré se retrouve désormais en position défensive sur fond de soupçons de corruption en Afrique. En garde à vue à Nanterre dans le cadre d’une enquête sur l’attribution de concessions portuaires, l’emblématique milliardaire de 66 ans a redressé au début des années 1980 le groupe familial, fondé en 1822 et spécialisé dans le papier bible et le papier à rouler OCB. En le réorientant vers le film plastique pour en faire Bolloré Technologies, il y a ajouté les transports et la logistique pétrolière et portuaire, principalement en Afrique, avant de prendre d’assaut Havas (publicité-communication), en 2005 puis Vivendi (médias), en 2014.
A chaque fois, la méthode, appelée depuis « méthode Bolloré » était la même: entrée discrète au capital du groupe visé avant d’en devenir peu à peu le premier actionnaire puis d’en prendre le contrôle en réclamant des sièges au conseil d’administration. Une prise en main qui s’accompagnait en général de l’installation d’hommes de confiance aux commandes, à l’image d’Havas, dirigé depuis 2013 par son fils cadet, Yannick Bolloré. Pourtant, le début d’année 2018 n’a pas été conforme aux habitudes pour Vincent Bolloré, avec une mise en lumière des activités africaines du groupe, sur lesquelles l’homme d’affaires tente d’être en général très discret.
Aux côtés de ses affaires, Vincent Bolloré, passé dans sa jeunesse par le secteur bancaire, a toujours su cultiver ses connexions avec les décideurs politiques français, de gauche comme de droite, ainsi que sa proximité avec un certain nombre de chefs d’Etat africains, une proximité qui est donc désormais au centre de l’attention. En effet, une nouvelle affaire qui vient s’ajouter à celle, lancée par Vincent Bolloré cette fois, contre France Télévision, à la suite d’un reportage diffusé en 2016 dans l’émission « Complément d’enquête » qui évoquait notamment les activités de la Socapalm, société spécialisée dans l’huile de palme au Cameroun et dont M. Bolloré est actionnaire minoritaire. Le reportage montrait notamment le témoignage de sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres.

– Passage de témoin –
Le groupe Bolloré avait porté plainte, estimant que le reportage portait atteinte à son image, réclamant à France Télévision 50 millions d’euros. Le jugement doit être rendu le 5 juin 2018. Fin 2017, c’étaient cette fois les activités de transports sur le continent qui se retrouvaient dans l’actualité, avec le procès à Eseka (centre du Cameroun) des responsables présumés de la catastrophe ferroviaire dans la même ville, en octobre 2016, qui avait fait 79 morts et 600 blessés. La compagnie ferroviaire Camrail a pour actionnaire majoritaire le groupe Bolloré.
Du côté de Vivendi également, la situation semble plus difficile pour l’homme d’affaires, qui a dû notamment renoncer à mettre la main sur l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft. Après deux ans de bataille pour en prendre le contrôle, en appliquant là encore la « méthode Bolloré », le groupe Vivendi a en effet choisi de vendre sa participation au capital de l’éditeur, face à la résistance des fondateurs, également bretons, la famille Guillemot. Une défaite pour Vincent Bolloré qui, après avoir pris le contrôle de l’autre éditeur des Guillemot, Gameloft, espérait voir sa méthode de nouveau couronnée de succès.
En Italie également, la situation de Vivendi s’avère complexe, sur fond de bataille avec le fonds américain Elliott, qui tente de lui disputer la gouvernance de Telecom Italia (TIM). Si le groupe français a remporté la première manche, l’assemblée générale du 4 mai marquera une étape potentiellement décisive. Autant de difficultés auxquelles devra faire face le fils de Vincent, Yannick, qui l’a remplacé à la présidence du conseil de surveillance de Vivendi à l’issue de la dernière assemblée générale du groupe, le 19 avril 2018. Un début de passage de témoin pour M. Bolloré qui a énoncé 2022 comme échéance de son départ à la retraite, année marquant à la fois ses 70 printemps et les 200 ans de son groupe. Le 10 avril 2018, M. Bolloré avait en outre lâché les rênes de Canal+, estimant que la filiale de télévision payante de Vivendi avait entamé son redressement.

Vivendi – Guillemot Corporation – Bollore – Telecom Italia – Havas – Gameloft – Ubisoft Entertainment – Société d’édition de Canal +

Bolloré : 300 millions d’€ dans le transport et la logistique en Afrique

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Les investissements du groupe vont concerner le stockage en Afrique de l’Est et « la fluidification de la logistique » sur le continent

Le groupe français Bolloré, spécialisé dans la logistique portuaire et ferroviaire va investir 300 millions d’euros en 2018, dans ces secteurs en Afrique où la croissance devrait progresser pour atteindre 3,5% en 2019. « Nous sommes déterminés à investir en Afrique (…) à participer à la transformation logistique de ce continent qui offre des perspectives de développement certaines » a dit Philippe Labonne, directeur général de Bolloré transports et logistiques. « Nous allons persévérer dans nos investissements avec un montant de 300 millions d’euros en 2018 pour améliorer les infrastructures et lancer de nouveaux projets » a poursuivi, M. Labonne, en marge du Africa CEO-forum, réunissant les patrons, qui se tient depuis lundi à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.M. Labonne a également annoncé pour « juin 2019 », la construction à Abidjan d’un deuxième terminal portuaire capable d’accueillir les « plus grands porte-conteneurs fréquentant les côtes africaines ».

Le groupe Bolloré assure depuis 2004 la gestion et l’exploitation du terminal à conteneurs du port d’Abidjan, leader en Afrique de l’Ouest et représentant 90% des échanges extérieurs de la Côte d’Ivoire. Le port d’Abidjan approvisionne également les pays de la sous-région dépourvus de façades maritimes (Mali, Niger et Burkina Faso). Enfin, les investissements du groupe vont concerner le stockage en Afrique de l’Est et « la fluidification de la logistique » sur le continent. « En Afrique un conteneur reste en moyenne 15 jours dans les ports contre deux en Asie, ces 13 jours font la différence entre la compétitivité d’un producteur en Afrique et la productivité d’un producteur en Asie » a souligné M. Labonne.

Bolloré, leader dans l’exportation des matières agricoles en Côte d’Ivoire, a inauguré fin février à Abidjan un nouvel entrepôt moderne destiné à accroître le stockage du cacao dont le pays est le premier producteur mondial. Le groupe a récemment construit un nouvel entrepôt ultramoderne de 600.000 m3 à Rouen (France) qui permet de livrer des produits pétroliers à l’Afrique.

Télévision: « Complément d’enquête » attaqué par Bolloré

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« Tout est vrai », se défend Tristan Waleckx, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le reportage de « Complément d’enquête » consacré à Vincent Bolloré était-il diffamatoire? L’auteur de cette enquête diffusée en 2016 sur France 2 a été mis sur le gril par l’avocat de l’homme d’affaires qui a dénoncé un travail journalistique « à charge ». « Tout est vrai dans ce que j’ai dit », s’est défendu son auteur, le journaliste d’investigation Tristan Waleckx, devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Dans ce documentaire, récompensé par le prix Albert-Londres et diffusé en avril et juillet 2016, le journaliste retrace le parcours de l’industriel, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes OCB en Bretagne à la construction de son empire, en passant par la reprise en main de Canal+ et sa présence en Afrique. Tristan Waleckx, poursuivi dans cette procédure avec la présidente de France Télévisions –absente à l’audience–, a été longuement questionné sur l' »équilibre » et « la prudence dans le propos » dans ce reportage qui lui a demandé six mois de travail. Le reporter de 32 ans a répondu avoir voulu « montrer la complexité du personnage » et affirmé avoir essayé à maintes reprises de rencontrer Vincent Bolloré. En vain.

« Germinal des tropiques »

Neuf passages du reportage de 72 minutes sont mis en cause par l’entrepreneur, ainsi que par ses sociétés Bolloré SA et Bolloré Africa Logistics, également parties civiles. Sont notamment ciblés les extraits consacrés aux activités de la Socapalm, société qui produit de l’huile de palme au Cameroun et dont M. Bolloré est actionnaire. Des sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres, y témoignent face caméra. « Tous » étaient « unanimes » pour dénoncer leurs conditions de travail, assure M. Waleckx. « Nous sommes dans l’exploitation la plus misérable qui soit et ça embête Vincent Bolloré qu’on le dise », a dit Me Jean Castelain, avocat de la défense, plaidant la « relaxe » pour un « veilleur de l’humanité » qui « nous dit ce qu’est ce Germinal des tropiques ». « Ne privez pas la presse du droit d’enquêter sur les plus puissants d’entre nous », a exhorté le bâtonnier.

Réclamant « 150.000 euros par partie civile », l’avocat de l’industriel, Me Olivier Baratelli, a fustigé un portrait « mis en scène », « une charge de la garde montée » contre son client et son empire, repoussant l’accusation de « procédure-bâillon ». « Lorsque je choisis d’attaquer, c’est que les bornes ont été dépassées », a-t-il assuré. Et d’étriller un « jeune » reporter « épris de ses qualités », à « la malhonnêteté viscérale vissée au corps ». « Je suis quelqu’un qui doute tout le temps », a rétorqué le reporter en fin d’audience.

Le reportage évoquait également les conditions d’attribution d’une concession portuaire de la ville camerounaise de Kribi en 2015, le journaliste posant la question d’éventuels « passe-droits » ayant profité à Vincent Bolloré. « Le mot +corruption+ n’apparaît jamais dans le sujet », s’est défendu M. Waleckx, reprochant à Me Baratelli de lui « faire dire des choses (qu’il) n’a pas dites, à coup de citations tronquées ». Sur ce seul volet de l’affaire, le ministère public a dit ses doutes sur la « bonne foi » du journaliste tout en laissant au tribunal le soin d’apprécier le caractère diffamatoire de ces extraits.

Lors d’une procédure distincte devant le tribunal de commerce de Paris la semaine dernière, Me Baratelli avait réclamé 50 millions d’euros de dommages et intérêts pour atteinte aux intérêts commerciaux du groupe Bolloré. Une autre procédure en diffamation a également été intentée au Cameroun par la Socapalm contre M. Waleckx et France Télévisions notamment. Le jugement doit être rendu le 5 juin.