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samedi 21 avril 2018

Serge Bilé, écrivain des Noirs « inconnu »

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Son dernier ouvrage, « Yasuké », porte sur un samouraï noir au XVIe siècle.

De la même manière que le soldat inconnu représente le sacrifice de tous les soldats, cet écrivain et présentateur à la télévision en Martinique espère que ses récits sur des « Noirs inconnus » mettront en lumière la vie de nombreux autres. Victimes noires des camps de la mort, ingénieur haïtien sur le Titanic, esclave-bourreau au Québec… Le Franco-Ivoirien Serge Bilé écrit sur les histoires oubliées des Noirs. Son dernier ouvrage, « Yasuké », porte sur un samouraï noir au XVIe siècle. « Il y a encore une méconnaissance de notre histoire (des Noirs) parce qu’elle est écrite par d’autres. L’histoire est écrite par les vainqueurs, dit-on », estime M. Bilé. Or « les Noirs ne sont pas que des figurants, ils ont eu un rôle, un rôle qui n’est pas relayé, qui n’est pas raconté. L’écrivain entend « restituer leur place à tous ces gens, quels qu’ils soient » – « je ne suis pas le seul, d’autres aussi y travaillent », souligne-t-il. Car « cette mémoire est importante pour nos enfants, qui auront le sentiment que quels que soient les événements de la vie et du monde, ils ont aussi participé », explique M. Bilé.

Une histoire que M. Bilé a découverte grâce à ses lecteurs.

« Yasuké, le samouraï noir » est dans cette veine. Il raconte la vie de Yasuké, un Makua (principale ethnie de l’actuel Mozambique) capturé par des marchands d’esclaves, vendu à Goa à des Jésuites qui l’emmènent ensuite au Japon, où il entre au service du seigneur Oda Nobunaga. Celui-ci, surpris par la couleur de Yasuké, le fait même se déshabiller et se laver pour s’assurer que la couleur de sa peau n’est pas un artifice… « Depuis mon premier livre +Noirs dans les camps nazis+ (Serpent à Plumes) en 2005, mes lecteurs m’envoient des messages pour me dire +telle ou telle personnalité pourrait vous intéresser+. C’est comme ça que j’ai écrit un livre sur le seul passager noir du Titanic (Grand West) », raconte-t-il.

Un lecteur féru d’arts martiaux

Pour Yasuké, « un lecteur martiniquais féru d’arts martiaux m’a écrit pour me dire qu’il avait appris l’existence d’un samouraï noir. A partir de là, j’ai commencé à travailler, à mettre en place tout un réseau de recherche dans les archives japonaises et portugaises avec des amis japonais et portugais, et c’est comme ça j’ai retrouvé la trace de ce samouraï. » Serge Bilé brode un peu sur la vie de Yasuké pour rendre son personnage vivant mais il reste dans le carcan historique, citant des textes et témoins de l’époque, jusqu’à la dernière bataille de son seigneur, date à laquelle on perd la trace de Yasuké.

Cet écrivain qui a quitté la Côte d’Ivoire pour la France n’a jamais oublié ses racines. Lors de son premier poste de journaliste en Guyane en 1994, il a ainsi été à la rencontre des Bonis (« Noirs marrons ») découvrant qu’une partie venait de son pays natal. Il a organisé un voyage touristique de retour en Côte d’Ivoire il y a une vingtaine d’années pour faire découvrir à certains d’entre eux la terre de leurs ancêtres. Aujourd’hui, il revient tous les trois mois en Côte d’Ivoire où il tente de diffuser ses écrits. « Mon éditeur Owen m’a offert les droits pour l’Afrique. Avec la maison d’édition que j’ai créée ici (Kofiba), je publie mes livres qui se vendent entre 3.000 et 5.000 francs CFA (4,50 à 7,50 euros). Sinon, comme produits d’importation, mes livres coûteraient trop cher pour les bourses ivoiriennes », dit-il. « C’est ma petite contribution au pays ».

La France appelle le Japon à aider la force du G5 Sahel

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Les 250 millions d’euros nécessaires au lancement de la force conjointe ont été largement réunis. Un sommet aura lieu le 23 février à Bruxelles pour attirer de nouveaux donateurs

La ministre française de la Défense, Florence Parly, a appelé le Japon à fournir une aide financière ou matérielle à la force conjointe antijihadiste du G5 Sahel, à l’occasion d’une visite à Tokyo. « Un travail est en cours en ce moment dans le monde entier pour réunir des contributions qui peuvent être des contributions financières, des contributions en nature afin d’accélérer l’équipement de cette force (…) de pays parmi les plus pauvres de la planète », a déclaré Mme Parly au sujet de cette coopération entre les armées du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Mauritanie et du Tchad.

De nombreux pays aux histoires et aux cultures très diverses ont déjà accepté de s’associer à cet effort et ici à Tokyo  » nous avons ensemble dit combien toute aide que le Japon déciderait d’apporter au G5 Sahel serait extrêmement précieuse », a déclaré la ministre, qui participe avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à des discussions dites 2+2 avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères du Japon. Mme Parly a dit avoir avec M. Le Drian évoqué auprès de Tokyo cette réunion de Bruxelles pour l’inviter à compléter son action en Afrique « déjà importante dans la contribution au développement de ces pays mais également par sa présence militaire à Djibouti ».

Les 250 millions d’euros nécessaires au lancement de la force conjointe ont été largement réunis. Outre les 10 millions fournis par chacun des États membres du G5, l’Arabie saoudite a promis 100 millions d’euros, les Emirats arabes unis 30 millions, l’Union européenne 50 millions et les Etats-Unis 60 millions de dollars (sous forme d’aide bilatérale). Un sommet aura lieu le 23 février à Bruxelles pour attirer de nouveaux donateurs.