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dimanche 18 novembre 2018

Sénégal : la révision du code électoral oppose

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Un projet de loi impose un parrainage à tous les futurs candidats à la présidentielle

A coup de gaz lacrymogène, les forces de l’ordre sénégalaises empêchaient mi-avril 2018, la tenue de manifestation à Dakar, interpellant selon l’opposition des dizaines de personnes, dont un ancien Premier ministre, venues protester contre l’adoption d’une révision du code électoral, à moins d’un an de la présidentielle. Selon Mayoro Faye, le chargé de communication, du Parti démocratique sénégalais (PDS), le principal parti de l’opposition, dirigé par l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), à Dakar, « plus de 50 personnes ont été arrêtées ». Soit 12 arrestations à Saint-Louis (nord), huit à Mbacké (centre) et d’au moins quatre à Thiès (ouest). Les manifestations ont également touché Guédiawaye, près de Dakar, Ziguinchor (sud), Diourbel et Kaolack (centre), selon l’opposition et des médias locaux.

L’ex-Premier ministre Idrissa Seck (2002-2004), qui envisage de se présenter en 2019, a été interpellé alors qu’il était « en route pour l’Assemblée », selon son parti. Dans une Assemblée nationale sous haute protection, les députés ont entamé, dans une atmosphère par moments houleuse, l’examen d’un projet de loi imposant un parrainage à tous les futurs candidats à la présidentielle. Une rixe a éclaté entre élus lorsque des députés mécontents ont tenté d’envahir la tribune, puis un élu à déchiré le texte. Les heures de débats et les discussions sont retransmises en direct à la télévision publique.

Dans le quartier des ministères, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui avaient érigé une barricade de branchages et lancé des pierres sur les véhicules de la police. De nombreux commerces et des écoles étaient fermés. Près du grand marché Sandaga, des pots de fleurs ont été renversés par des manifestants, dont plusieurs ont été embarqués par les policiers. L’opposition et des associations de la société civile avaient appelé à protester, malgré l’interdiction des manifestations dans le quartier de Dakar-Plateau, qui abrite les principales institutions du pays.

– Des opposants condamnés –

Le texte de loi à l’étude impose aux candidats de recueillir le parrainage d’1% du corps électoral, soit environ 65.000 personnes, réparties dans au moins sept des régions du pays, à raison de 2.000 par région au minimum. Les autorités affirment vouloir prévenir, par souci d’économie et de meilleure organisation du scrutin, une inflation du nombre de candidats à la présidentielle dans un pays qui compte près de 300 partis, rappelant la présence de 47 listes aux législatives de juillet 2017. « Le but unique de cette forfaiture est évident aux yeux de tous: empêcher les candidats de l’opposition » de se présenter, estime la coalition de l’opposition, appelant à s’opposer au « coup d’Etat constitutionnel du président Macky Sall ».

L’opposition s’inquiète d’une autre modification du Code électoral, qui imposerait aux candidats de jouir de leurs droits civiques, exigence jusqu’à présent absente du texte et qui pourrait barrer la route à l’ex-ministre et fils d’Aboulaye Wade, Karim Wade. Ce denier a été condamné en 2015 à six ans de prison pour « enrichissement illicite ». Karim Wade a néanmoins été gracié en juin 2016 par le président Sall et réside depuis à l’étranger. Une autre figure de l’opposition, Malick Gakou, a également été interpellée avec trois des militants de sa formation, le Grand Parti, le rappeur Kilifa, membre du mouvement « Y’en a marre » et le militant Guy Marius Sagna.

Amnesty International a appelé le pouvoir à « respecter le droit de manifester pacifiquement et de s’exprimer, dans un contexte de répression de la dissidence » dans un pays généralement cité en modèle de démocratie en Afrique. L’élu Barthélémy Dias, proche du maire d’opposition de Dakar Khalifa Sall, condamné le 30 mars à cinq ans de réclusion pour « escroquerie », a écopé mardi d’une peine de six mois de prison ferme pour « outrage à magistrat » après avoir critiqué cette décision, a rappelé l’ONG.

Côte d’Ivoire : baromètre avant l’ouverture du paysage audiovisuel

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Ainsi s’annonce la fin d’un demi-siècle de monopole de la Radio-télévision ivoirienne (RTI, publique)

Un baromètre de la télévision numérique terrestre (TNT) va être lancé en mai 2018 en Côte d’Ivoire et trois autres pays africains, où la libéralisation du paysage audiovisuel est en cours, ont annoncé les groupes Médiamétrie et Omedia. La Côte d’Ivoire doit lancer sa TNT d’ici à la fin de l’année, avec quatre chaînes gratuites (dont une d’information continue) et deux bouquets payants. Ce sera la fin d’un demi-siècle de monopole de la Radio-télévision ivoirienne (RTI, publique), dont l’opposition conteste l’impartialité.

Ce baromètre permettra d’évaluer, deux fois par an, si les populations connaissent la TNT et si elles envisagent de s’équiper d’un décodeur pour la recevoir. Des informations utiles tant pour les pouvoirs publics que pour les diffuseurs des chaînes et les annonceurs publicitaires, ont expliqué lors d’une conférence de presse les promoteurs du baromètre, le directeur exécutif de Médiamétrie, Benoît Cassaigne, et le directeur général d’Omedia, Christophe Gondry. Parmi les trois autres pays couverts par cet outil de mesure, seul le Sénégal a déjà lancé sa TNT en 2016, le Mali et le Gabon doivent le faire. Près de 20% de la population sénégalaise s’est déjà équipée en décodeurs TNT.

L’ensemble de l’Afrique est censé basculer sur la TNT d’ici a 2020, mais seulement six pays l’ont déjà fait. Les enjeux sont importants, bien au-delà d’une simple évolution technique, a souligné Arnaud Annebicque, directeur du développement Afrique et Europe de Médiamétrie, un des leaders mondiaux de la mesure d’audience des médias. « La TNT va permettre d’augmenter le nombre de chaînes et donc de favoriser la création et la production nationales, de faire émerger les talents africains. Il s’agit pour les pays africains de reprendre la main par rapport aux chaînes satellitaires » d’Europe et du Moyen-Orient. « La TNT va aussi faire naître une vraie concurrence, faire croître le marché publicitaire, donc la consommation, c’est donc un facteur de croissance, non seulement pour le marché des médias, mais pour l’économie dans son ensemble », a-t-il estimé.