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mercredi 15 août 2018

Côte d’Ivoire : baromètre avant l’ouverture du paysage audiovisuel

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Ainsi s’annonce la fin d’un demi-siècle de monopole de la Radio-télévision ivoirienne (RTI, publique)

Un baromètre de la télévision numérique terrestre (TNT) va être lancé en mai 2018 en Côte d’Ivoire et trois autres pays africains, où la libéralisation du paysage audiovisuel est en cours, ont annoncé les groupes Médiamétrie et Omedia. La Côte d’Ivoire doit lancer sa TNT d’ici à la fin de l’année, avec quatre chaînes gratuites (dont une d’information continue) et deux bouquets payants. Ce sera la fin d’un demi-siècle de monopole de la Radio-télévision ivoirienne (RTI, publique), dont l’opposition conteste l’impartialité.

Ce baromètre permettra d’évaluer, deux fois par an, si les populations connaissent la TNT et si elles envisagent de s’équiper d’un décodeur pour la recevoir. Des informations utiles tant pour les pouvoirs publics que pour les diffuseurs des chaînes et les annonceurs publicitaires, ont expliqué lors d’une conférence de presse les promoteurs du baromètre, le directeur exécutif de Médiamétrie, Benoît Cassaigne, et le directeur général d’Omedia, Christophe Gondry. Parmi les trois autres pays couverts par cet outil de mesure, seul le Sénégal a déjà lancé sa TNT en 2016, le Mali et le Gabon doivent le faire. Près de 20% de la population sénégalaise s’est déjà équipée en décodeurs TNT.

L’ensemble de l’Afrique est censé basculer sur la TNT d’ici a 2020, mais seulement six pays l’ont déjà fait. Les enjeux sont importants, bien au-delà d’une simple évolution technique, a souligné Arnaud Annebicque, directeur du développement Afrique et Europe de Médiamétrie, un des leaders mondiaux de la mesure d’audience des médias. « La TNT va permettre d’augmenter le nombre de chaînes et donc de favoriser la création et la production nationales, de faire émerger les talents africains. Il s’agit pour les pays africains de reprendre la main par rapport aux chaînes satellitaires » d’Europe et du Moyen-Orient. « La TNT va aussi faire naître une vraie concurrence, faire croître le marché publicitaire, donc la consommation, c’est donc un facteur de croissance, non seulement pour le marché des médias, mais pour l’économie dans son ensemble », a-t-il estimé.

Télévision: « Complément d’enquête » attaqué par Bolloré

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

« Tout est vrai », se défend Tristan Waleckx, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le reportage de « Complément d’enquête » consacré à Vincent Bolloré était-il diffamatoire? L’auteur de cette enquête diffusée en 2016 sur France 2 a été mis sur le gril par l’avocat de l’homme d’affaires qui a dénoncé un travail journalistique « à charge ». « Tout est vrai dans ce que j’ai dit », s’est défendu son auteur, le journaliste d’investigation Tristan Waleckx, devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Dans ce documentaire, récompensé par le prix Albert-Londres et diffusé en avril et juillet 2016, le journaliste retrace le parcours de l’industriel, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes OCB en Bretagne à la construction de son empire, en passant par la reprise en main de Canal+ et sa présence en Afrique. Tristan Waleckx, poursuivi dans cette procédure avec la présidente de France Télévisions –absente à l’audience–, a été longuement questionné sur l' »équilibre » et « la prudence dans le propos » dans ce reportage qui lui a demandé six mois de travail. Le reporter de 32 ans a répondu avoir voulu « montrer la complexité du personnage » et affirmé avoir essayé à maintes reprises de rencontrer Vincent Bolloré. En vain.

« Germinal des tropiques »

Neuf passages du reportage de 72 minutes sont mis en cause par l’entrepreneur, ainsi que par ses sociétés Bolloré SA et Bolloré Africa Logistics, également parties civiles. Sont notamment ciblés les extraits consacrés aux activités de la Socapalm, société qui produit de l’huile de palme au Cameroun et dont M. Bolloré est actionnaire. Des sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres, y témoignent face caméra. « Tous » étaient « unanimes » pour dénoncer leurs conditions de travail, assure M. Waleckx. « Nous sommes dans l’exploitation la plus misérable qui soit et ça embête Vincent Bolloré qu’on le dise », a dit Me Jean Castelain, avocat de la défense, plaidant la « relaxe » pour un « veilleur de l’humanité » qui « nous dit ce qu’est ce Germinal des tropiques ». « Ne privez pas la presse du droit d’enquêter sur les plus puissants d’entre nous », a exhorté le bâtonnier.

Réclamant « 150.000 euros par partie civile », l’avocat de l’industriel, Me Olivier Baratelli, a fustigé un portrait « mis en scène », « une charge de la garde montée » contre son client et son empire, repoussant l’accusation de « procédure-bâillon ». « Lorsque je choisis d’attaquer, c’est que les bornes ont été dépassées », a-t-il assuré. Et d’étriller un « jeune » reporter « épris de ses qualités », à « la malhonnêteté viscérale vissée au corps ». « Je suis quelqu’un qui doute tout le temps », a rétorqué le reporter en fin d’audience.

Le reportage évoquait également les conditions d’attribution d’une concession portuaire de la ville camerounaise de Kribi en 2015, le journaliste posant la question d’éventuels « passe-droits » ayant profité à Vincent Bolloré. « Le mot +corruption+ n’apparaît jamais dans le sujet », s’est défendu M. Waleckx, reprochant à Me Baratelli de lui « faire dire des choses (qu’il) n’a pas dites, à coup de citations tronquées ». Sur ce seul volet de l’affaire, le ministère public a dit ses doutes sur la « bonne foi » du journaliste tout en laissant au tribunal le soin d’apprécier le caractère diffamatoire de ces extraits.

Lors d’une procédure distincte devant le tribunal de commerce de Paris la semaine dernière, Me Baratelli avait réclamé 50 millions d’euros de dommages et intérêts pour atteinte aux intérêts commerciaux du groupe Bolloré. Une autre procédure en diffamation a également été intentée au Cameroun par la Socapalm contre M. Waleckx et France Télévisions notamment. Le jugement doit être rendu le 5 juin.