Bénin: grève dans le secteur de la santé, les hôpitaux publics piquent une crise

Le ton monte à l'hôpital, avec des grèves à répétition. Et un dialogue de sourds entre grévistes et pouvoirs publics. Les malades sont les premières victimes du conflit.

Des vies humaines sont en sursis dans les hôpitaux publics du Bénin. Et pour cause, l'Intersyndicale des ressources humaines en santé (Irhs) en grève de 48 h par semaine, passe désormais à 72 h de grève sans service minimum avec tacite reconduction chaque semaine.

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Le boulevard de la mort est ainsi grandement ouvert devant tout citoyen qui tombera malade durant cette période et dont la guérison nécessitera une intervention des médecins.

Ce mouvement de débrayage est ainsi très peu sensible au sort des innocentes populations. Ainsi, l'opération "hôpitaux morts" déclenchée par l'Irhs peut passer sur des cadavres, pourvu que le gouvernement fléchisse. Et sur le chemin serpenté des revendications, l'Irhs réclame la rétrocession des défalcations opérées sur les salaires des agents du Centre national, hospitalier et universitaire Hubert Koutoucou Maga (Cnhu-Hkm) pour fait de grève en 2015, le paiement des primes spécifiques au rang d'urgence, le paiement des agents contractuels recrutés en 2014, la signature du décret d'indemnités de logement, le paiement des primes de risque... « Nous n'allons pas démordre si l'on ne règle pas ces problèmes, » déclare Adolphe Houssou, coordonnateur de l'Irhs.

Rupture

Si l'Intersyndicale des ressources humaines en santé a déjà plongé les hôpitaux dans le fuel de la grève, le Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine du Bénin (Syntrasesh-Bénin) est en train de s'échauffer pour l'assaut final. Sur fond de menace au ministère de la Santé, il revendique le paiement des rappels de la prime de risque et de la prime spécifique du second trimestre en une seule tranche, la tenue des diverses commissions de carrière : avenant, reversement en Agent permanent de l'Etat (APE), le paiement des heures supplémentaires dues aux travailleurs des hôpitaux, la correction des disparités catégorielles des Paramédicaux, agents contractuels de l'Etat...


L'adrénaline monte ainsi dans le système sanitaire béninois et fait couler la sueur froide au régime du Nouveau départ. L'épidémie risque de se généraliser dans ce secteur sensible au mépris du devenir des Béninois. Le gouvernement Talon est ainsi sur les braises de l'enfer des grèves qui annoncent ainsi la fin de l'Etat de grâce accordée depuis plus de 6 mois.

La dynamique de la grève prend donc place à bord de l'appareil de la rupture qui a de la peine à prendre le Nouveau départ.