Serge Azialé: " le sexe, une arme de destruction massive. "

Serge Azialé, journaliste écrivain parle des difficultés des écrivains togolais à joindre les deux bouts.Il est difficile de vivre de sa plume.

tg serge aziala a3248Serge Azialé

Que vous faites pour la promotion de la littérature togolaise ?

Au-delà d'alimenter ce foyer de passion avec nos oeuvres pour maintenir vive la flamme, nous contribuons à la promotion de la littérature, individuellement ou en association. Ce, à travers l'organisation d'événements littéraires, la participation à ces événements, puis le passage sur les chaînes de radio et de télé. Cela, dans le souci de prendre notre destin en main en vue d'assurer un meilleur lendemain.

Tout travail doit nourrir son homme, est-ce-que l'écrivain togolais vit de sa plume ?

(Soupir.) Non. C'est impossible. Comme dans beaucoup d'autres pays, d'ailleurs, à cause des difficultés.

Quelles sont ces difficultés ?

On ne le dira jamais assez. L'argent est le nerf de la guerre. Et ce n'est pas l'écrivain togolais qui démentira cela. Lui qui est contraint à assurer le quotidien tout en prenant sur lui de concrétiser ses projets littéraires. Lui qui souvent doit prendre en charge une partie ou la totalité de la publication de ses ouvres et leur promotion.

D'autant plus que les maisons d'édition, malgré leur bonne volonté, n'ont pas de gros moyens.

Cela ajouté à la non-détaxation des intrants, faute de l'application de l'accord de Florence et du protocole de Nairobi, puis à l'étroitesse du marché, sous nos cieux, limite le tirage et la diffusion. Or, une œuvre, même de qualité, ne peut être un véritable best-seller si elle ne bénéficie pas d'un gros tirage, d'une large diffusion et d'une promotion digne de ce nom.

Et il est indéniable que la littérature togolaise regorge d'œuvres capables de bien se comporter hors de nos frontières. Je n'en veux pour preuve que l'engouement qu'elles suscitent lors des foires et salons du livre dans la sous-région.

Sans mécène, ni à-valoir conséquents, ni droits d'auteurs sur des milliers d'exemplaires vendus, voire des millions, il est impossible à tout écrivain de vivre décemment de sa plume.

Sinon, c'est la survie et le combat de tous les jours pour arriver à ce stade. Ce qui me fait dire : ce n'est pas le paradis, ce n'est pas non plus l'enfer.


Parlons  de titre, vous êtes l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Les confidences du vagin de Prisca », un titre bien curieux...

Il s'agit d'un « single littéraire » que je publie en feuilleton sur ma page Facebook, Serge Azialé, en prélude à la publication de mon roman Banlieue des délices d'où il est extrait. C'est l'histoire d'une « Peau noire, masque blanc » confrontée aux réalités tropicales.

Elles l'entraînent dans l'abime des victimes de la libido des uns et des autres, le sexe étant malheureusement devenu une arme de destruction massive. Tristes réalités tropicales. Je ne vous le fais pas dire.

Propos recueillis par Lambert Atisso à Lomé.