Emmanuel Sogadji: le gouvernement togolais tire profit de la hausse des prix des produits pétroliers.

Le président de la Ligue des Consommateurs Togolais s'oppose à la hausse des prix des produits pétroliers. Il accuse le gouvernement de profiter de la situation.

tg emmanuel sogadji fbb79Emmanuel Sogadji

Afrique Actualite: Le 28 février dernier, le gouvernement a revu à la hausse, le prix des produits pétroliers. Une hausse qui a suscité la colère des conducteurs, notamment. Où en est la grogne aujourd'jui ?

Emmanuel Sogadji : A ce jour, les consommateurs continuent de gémir parce que les peines n'ont pas disparu et la misère continue bel et bien.

La LCT et plus d'une dizaine d'organisations de la société avaient décrié cette dernière hausse à travers des communiqués. Ça s'arrête-là ?

Non, ça ne peut pas s'arrêter par des simples cris ou de communiqué. Nous avons décidé d'organiser des actions unitaires dans un cadre plus large et les consultations sont en cours. La LCT, les organisations des droits de l'homme et des universités sociales du Togo prendront leurs responsabilités en ce sens et vous seriez informé des stratégies.

Est-ce qu'à votre connaissance, le gouvernement continue de subventionner les prix des produits pétroliers ?

Nous avons une analyse comparative sur la base des structures des prix des produits pétroliers de plusieurs pays de la sous-région. Il s'agit des pays tels que le Burkina Faso, du Niger, du Benin et au Togo. Il ressort de cette analyse que, le gouvernement ne subventionne pas les produits pétroliers.

Le prix CAF Lomé /HL nettement inférieur au prix de vente à la pompe augmenté par plus de cinq  taxes différentes (impôts, fond routier, PADSP et douanes) sont maintenues dans la structure des prix.

La structure des prix en vigueur au BF est exemptée de toutes les taxes et c'est ce qu'on appelle subvention parce que l'autorité a renoncée à la perception de taxes ou impôts dans le but de répondre à un besoin du peuple. C'est-à-dire les consommateurs.

En résumé, permettez-moi de vous dire que le Togo ne subventionne pas les produits pétroliers. Au contraire, il profite du secteur pour faire de trop perçus.

Face au dialogue de sourds entre les différentes parties, que peut-on attendre de la part de la société civile ?

La société civile doit poursuivre sa lutte sociale et je crois que le peuple comprendra et agira au moment opportun. Qui va lentement, va surement. Les manifestations spontanées du 28 février ne sont pas l'effet d'un hasard, mais le fruit des nombreuses actions et interpellations que la société civile ne cesse de faire à travers vos colonnes, micros et caméras.

Propos receuillis par Lambert Atisso, à Lomé.